colelction d'héroïnes clichées en petite tenues

Une heroïne badass doit-elle avoir un gros gun et des gros seins?

Une idée d’article car j’ai bien aimé le top ten des héroïnes kick-ass de Glose sur Youtube. A côté d’une Arya ou d’une Ellana, on trouve Miss Marple et Violette Beaudelaire. Du coup, cela m’a fait réfléchir. Qu’est-ce qu’une héroïne badass ? Pour de vrai? Une petite réflexion sur l’écriture, avec au passage, quelques coups de gueule féministes et bien sû mon classement à moi des héroïnes badass qui m’ont marquée 😉

collection d'héroïnes clichées en petite tenues
Petit jeu du vendredi: Combien d’héroïnes montrent leur ventre? leurs fesses? Combien ont une grosse épée? Un gros matou? Un ebook à gagner ;)

Alors, qu’est-ce donc qu’une héroïne badass?

Un fille avec une grosse épée ?

Alors, première question : Une héroïne badass doit-elle avoir des gros guns, une grosse épée ou des super pouvoirs qui lui permettent de tout blaster ?

Quand on regarde des héroïnes comme Violette Beaudelaire ou Fantômette, ces petites filles qui utilisent leur intelligence pour s’en sortir, ou si on prend pour exemple Milady, cette femme fatale qui utilise ses stratagèmes, ses relations mondaines et ses charmes pour intriguer et triompher, sont-elles pas badass? J’ai haï Alexandre Dumas qui posait ce queutard de D’Artagnan en héros et Milady en démone échappée de l’enfer ! M’enfin ? Elle cherche juste à être libre tout au long du roman ! oO

Et que dire d’Annalise Keating de la série Murder ? Elle mourrait que de montrer ses faiblesses, elle est terrifiante d’intelligence et de stratégie mais c’est vraiment pas celle qui vous sortira un coup de pied retourné si on l’agresse…

Je me pose cruellement cette question car, en ce moment, j’écris une nouvelle pour le concours international de la Nouvelle Georges Sand (Dead line le 15 juin. Oui, je sais, je vous sors toujours des concours de derrière les fagots -_^). J’ai décidé de mettre en scène un clone de Sophie Germain. Qui est-ce ? C’est une grande mathématicienne sous la révolution qui s’est battue ne serait-ce que pour avoir le droit d’étudier les mathématiques. Comme Georges Sand, elle se faisait passer pour un homme.

Bref, une femme badass, ne peut-elle pas simplement être une femme qui lutte dans un monde d’homme mais à armes inégales ? Je reformule. Une femme super puissante, qui n’a aucune faiblesse et ne craint rien, ni personne, est-elle vraiment une héroïne badass ? Si elle n’a pas besoin de lutter dans un monde terrible, injuste et qui veut sa perte, ressentira-t-on son côté badass ?Je reformule encore, est-elle simplement une héroïne si elle n’a pas de faiblesses à transcender pour atteindre ses objectifs et accomplir sa quête ?

Une héroïne badass doit-elle porter une tenue sexy ?

Une autre chose qui m’avait fait réfléchir il y a quelques temps (et m’avait cordialement agacé), c’est l’affiche du concours des héroïnes badass sur Bookélis en partenariat avec Mademoizelle (deadline fin août). Ma Sorayah qui pète tout sur son passage, de Demon Heart ne sera jamais prête à temps. Mais j’ai partagé quand même sur Facebook car cela peut intéresser les copines. Et là, une question à demi-innocente d’une amie a mis le feu aux poudres dans mon esprit : « Tu crois que mon héroïne est badass ? Elle est pas sexy et elle est plate comme une limande mais elle fait marcher à la baguette le président de la République ? »

Alors ? Elle est badass ou pas l’héroïne de « Quel Pétrin » ?

Reformulons, est-ce que Arya Starck et surtout Brienne de Tarth sont bien des badass ?

WOUAIS !!! Cela ne fait aucun doute.

Alors pourquoi tellement d’auteurs et souvent d’auteurEs ressentent le besoin de créer des héroïnes badass sexys ? N’est-ce pas une survivance des pulps et des comics des années 60 ? Vous savez cette grande époque où les manuels des yaourtières commençaient par « Mesdames, cette machine va vous libérer! » et où on éditait des manuels pour être de bonnes épouses.

J’ai moi-même crée plusieurs badass, et je n’ai pas pu m’empêcher de les faire « belles » et accessoirement avec des gros seins, Pashka dans Mira la Bataille de l’Eau mais aussi Sorayah dans Demon Heart, obéissent à ce standard. Sérieux, giflez moi ! J’ai l’air vénère ? Peut-être que je le suis. Peut-être que je ne comprendrais jamais la remarque d’une bêta lectrice de 16 ans sur mon tout premier roman « Alia, la Gardienne des Glaces » (un roman que je réécrirai un jour). La gamine a sorti : « Mouais, elle est pas assez sexy Alia… »

oO

WTF ?? Elle vit dans les glaces de l’Arctique ! Faut bien qu’elle se couvre mon héroïne, non ?! Bref. J’ai été choquée. C’était en plein dans la droite ligne des Totaly spy et autres héroïnes hypersexualisées pour petites filles. Et là, je me demande, à quoi ressembleront les attentes des gamines d’aujourd’hui qui sont nourries aux Chica Vampiro, qui se trémoussent en brassière dans le générique ?

Est-ce un homme avec des gros seins ?

Toujours dans la droite ligne des pulps et des comics, j’ai l’impression que de nombreuses héroïnes badass n’en sont pas. Pas qu’elles ne soient pas badass, mais elles ne sont pas de véritables héroïnes. Car non, désolée, une bombasse avec un passé difficile qui se bat comme un ninja avec un balai dans le cul et qui succombe aux charmes du héros parce que c’est lui le plus beau et le plus fort de la terre, c’est peut-être une badass, mais CE N’EST PAS une héroïne, c’est juste un plot device, un outil qui sert l’intrigue, un faire valoir du héros, comme la beauté fragile enlevée par le méchant, comme l’ennemie jurée à tendance veuve noire, comme toujours…

Et parfois, lorsque l’héroïne badass est un véritable héros (genre avec un vécu, une quête et un grand méchant à vaincre), elle en perd son essence de femme. J’ai souvent eu le sentiment que pour Hollywood, le jeu vidéo et la SFF vieille école (ça s’améliore), être une héroïne badass, c’est être un homme avec des gros seins dans une histoire écrite par des hommes pour des hommes.

Car en quoi la force brute et la capacité à tirer dans le tas doit définir une femme forte ? N’est ce pas l’arme des hommes, plutôt ?

Je pense que pour rester crédible, une femme doit rester une femme, avec ses limites physiques, ses doutes et ses besoins. Foncer dans un tas d’ennemis armée jusqu’aux dents et à moitié nue (forcément) sans se dire une seule seconde qu’on risque plus que la mort, mais qu’on risque de se faire violer, ce n’est pas être une femme. Tuer 10 personnes pour la première fois de sa vie, sans avoir des larmes dans les yeux en se disant « Mon dieu, non ! Il doit bien y avoir une autre solution que la violence ? » Ce n’est pas être une femme.

Pire, ces histoires renient les vraies forces de la femme.

Où est la patience qui contourne le fait qu’on ne peut pas s’approprier ce qu’on désire par la force ? Ou est la capacité à travailler dur pour obtenir ce que la société donne aux hommes sans arrière pensée ? (des promotions, un bon salaire, le droit de faire une école de science, de sortir le soir habillé n’importe comment…) Ou est  l’habilité à désarmorcer les crises que l’on a développé pour compenser la faiblesse physique ? Où est cette capacité à ressentir, à s’émouvoir, à vouloir aider l’autre car on est empathique ?

Ces hommes à seins sensés servir la cause des femmes me font doucement rire. C’est comme si un noir prétendait défendre la cause de ses frères en se peignant le visage en blanc. Dites-moi mesdames qui renient la faiblesse de vos héroïnes (et souvent la votre), pourquoi vous teignez-vous le visage ? J’en parle à la troisième personne mais la minette qui se faisait passer pour un garçon à 13 ans, qu’a fait des études de maths et qui s’est toujours battue bec et ongle pour avoir un porte-feuille client plus gros que le gars d’à côté en sait quelque chose.

Le problème depuis mille ans (voire depuis l’empire romain) est que nous sommes dressés pour voir la douceur et l’empathie comme une abomination féminine : la faiblesse, quelque chose à combattre pour réussir. Alors forcément, lorsque un écrivain ou une écrivaine veut créer une femme forte, on a envie de la faire à l’égal de l’homme, sans pitié, fonceuse, qui ne regrette rien et n’hésite pas à répandre le sang si elle doit le faire.

Mais à l’heure où l’égoïsme, l’égo et la violence nous ont conduit aux portes de la troisième et dernière guerre mondiale, dites-moi, ces soi-disant « défauts » des femmes que les hommes doivent s’interdire et qu’on refusent à nos héroïnes badass, ne sont-ils pas des « vertus », des « contre-pouvoirs » qui pourraient sauver l’humanité du chaos qui la guette ? Certes, pour finir PDG, Calife ou Ministre, il vaut mieux être égoïste, manipulateur et sans pitié, bref, être sociopathe. Mais ce n’est pas être un homme, ça, c’est être dénué d’humanité.

Il ne faut pas oublier que les histoires ont un pouvoir et un devoir. Elles sont là aussi pour nous permettre de nous projeter dans des personnages qui nous montrent une troisième voie. La petite d’Hunger Games, elle pleure et elle a pourtant le courage de renverser la vapeur, d’echapper au schéma destructeur (j’ai adoré le coup du poison !)

Badass ou pas, ce n’est qu’une héroïne

 Alors gros seins ? Non. Gros gun ? Non.

Une héroïne badass, c’est peut-être juste une héroïne crédible et complexe qui se bat pour accomplir ses rêves. Mais… n’est-ce pas la définition du héros ? Un être qui a des qualités et des défauts, des rêves mais des obstacles sur sa route et qui se bat, qui essaie, qui fait montre de volonté pour accomplir quelque chose ?

Euh… alors pourquoi on met badass derrière ?

Sommes-nous donc si décérébrées que lorsque enfin, on nous montre dans une histoire une véritable héroïne qui est bien plus qu’un personnage de carton-pâte, on ressent le besoin de rajouter le qualificatif « badass » derrière, comme pour excuser toutes ces pseudo-héroïnes qui ne sont que des seconds rôles passifs, des outils de narration, des faire-valoir pour le véritable héros, qui lui bien sûr a des couilles et des grosses car il arrive à subjuguer la femme ninja/guerrière intergalactique/espionne (rayer la mention inutile).

Alors, une héroïne badass, c’est avant tout, et peut être même seulement, une vraie héroïne. Avant de chercher à faire du badass, il faut peut-être pondre des personnages corrects, qui ne sont pas que le pâle reflet d’un cliché. Créer un personnage, cela prend plusieurs jours de travail et cela se murit avec le temps. C’est long de créer un être humain. Cela ne peut pas juste être une silhouette de carton avec une perruque blonde, un bikini et un gros gun. Avant de respecter les femmes, il faut peut-être que nous apprenions à respecter notre plume et nos lecteurs. C’est ce que fait George R R Martin. Entre Sansa et Brienne, il y a un monde. Elles sont toutes deux de vraies héroïnes et de vraies femmes mais ce sont deux individus qui ont un vécu et des ambitions différentes.

Conclusion : le voyage de l’héroïne

Mais au-delà du personnage bien campé, cet article me fait penser à une remarque de Christopher Vogler en prologue de son livre « le Voyage du Héros, le Pouvoir des Mythes ». Il reconnaît sans se cacher que tout ce qu’il explique et qu’Hollywood et tous les écrivains « aware » appliquent comme une méthode magique, représente en grande partie le périple mythologique d’un héros mâle.

Je crois fermement que le voyage de l’héroïne ne suit pas les 12 étapes du voyage du héros de Vogler.  Parce que, soyons honnête, rapporter l’artefact magique niveau 100 qui sauvera le village, c’est un peu un truc de mecs, même si les nanas en sont capables, bien sur. Seulement, identifier « le Voyage de l’Héroïne » est un travail colossal que d’autres auteures américaines ont entamé et que j’effectue de mon côté à travers mes romans (Mira, un peu, mais surtout sur Demon Heart, une des raisons pour lesquelles je n’arrive pas à me sortir de trois ans de corrections). Je reviendrais dessus lorsque j’aurais avancé. Article à suivre…

Voilà! C’est fini! Et désolé pour le côté polémique, n’hésitez pas à vous insurger en commentaire! Et bonne chance à vous pour vos projets, héroïnes badass ou pas 😉

Ah oui! Et mon palmarès de Badass à moi (j’ai volontairement enlevé les filles que tout le monde connaît ^-^)

Mes héroïnes badass à moi :

Fantômette : armée de sa seule intelligence cette brunette de 10-15 ans livre les pires malfaiteurs à la police pieds et poings liées, bonus jouissif, dans ses aventures, les méchants, les policiers et pas mal d’hommes adultes sont débiles, à faire lire à TOUTES les petites filles dès le CE1.

 710317-lina_inverse_defaultLina Inverse : (romans en anglais et animés) Lina est une sorcière de 15 ans, plate comme une limande, incapable de contrôler ses colères et qui a la méchante habitude de blaster le village avec le dragon. Elle ne porte pas sa robe de sorciers car ces enfoirés du conseil lui ont attribué la couleur rose, évidemment ! Lina Inverse des romans et des animes Slayers. Jeune sorcière de 15 ans, plate comme une limande, voleuse et incapable de contrôler ses colères, Lina a la méchante habitude de blaster le village avec le dragon. A côté de ça, elle te combat le roi des démons avec le pouvoir du chaos des origines du monde. Genre, la fille, elle rate son sort, elle détruit l’univers 😉 jamais vu plus puissante dans la littérature ni nulle part ailleurs!

 Alita battle angel. Connue en France sous le nom de Gally. Cette jeune androïde, ancien robot de combat abandonné, possède un cœur de jeune fille innocente. L’observer se débattre, chercher l’amour et la beauté dans cet univers cyberpunk et dégueulasse en dit long sur la force que peut avoir une femme. Accessoirement, en mode berserk, elle déchire !!

 Momo : Dans le shojo Peach Girl. Momo n’a pas de super pouvoirs. Momo ne casse pas des briques avec sa tête. Mais Momo est super courageuse. Momo ne renonce pas à chercher l’amour (petite dédicace à Bridget Jones au passage) et se tient la tête haute contre l’adversité.

Spéciale dédicace à Nami et Nico : les acolytes de Luffy dans One Piece. Des filles qui méritent leur place sur le bateau du futur roi des pirates.

 Et si vous n’aimez pas les mangas :

 Le sergent Havers des romans policier d’Elizabeth George. Barbara Havers est moche, elle est teigneuse, elle a pas de chances dans la vie, mais elle est prête à se faire défoncer la gueule au dernier degré pour protéger un petit garçon d’un psychopathe ou à mettre en joue son supérieur hiérarchique pour sauver une petite fille. Ça c’est une fucking badass.

Sainte Alia du Couteau, la pré-née : La sœur de Paul Muad Dib. Les héroïnes de Dune sont généralement badass, parce qu’elles ont du pouvoir mais aussi, une intrigue à elle, indépendante de celle du héros, dont il devra s’affranchir. Alia, Chani et Ghanima sont les filles qui m’ont permis de me construire. (Bon OK, la vraie badass de l’histoire c’est Jessica, la mère du héros mais à quinze ans, se relater à une maman, c’est chiant)

 Ayla : L’héroïne des romans préhistorique de JM Auel.  Alors elle ! Elle a inventé l’arc et la flèche, la chirurgie, le domptage des chevaux… Bon, après, le cul et la chasse, ça fini par lasser. Mais avec le recul, je me dis qu’au moins, Ayla, elle kiffe le sexe. Parce que être une femme badass dans la société puritaine occidentale, c’est aussi aimer le sexe !

Voilà! J’attends vos héroïnes préférées en commentaire aussi ^-^


S’inscrire à la newsletter et récupérer un livre gratuit 😉

Se connecter:


Enregistrer

7 réflexions sur “ Une heroïne badass doit-elle avoir un gros gun et des gros seins? ”

  1. Ayla ! Si je m’attendais à la trouver dans ce top o.0 et pourtant c’est vrai qu’elle le mérite tellement ! Et pourtant elle entre dans la catégorie gros seins d’une certaine façon, mais c’est tellement anecdotique par rapport au reste (elle a dompté un lion quoi ! : si c’est pas la classe ça :p) J’y ajouterais Maka de Soul Eater qui au contraire de ses pendants féminins n’est pas un canon, mais en jette tellement dans les scènes de combats.

    En lisant ta première partie de l’article, j’ai réalisé que je n’aimais pas ce terme de « badass » peut-être en partie à cause de ce que tu as souligné à la fin. Sûrement également à cause de ce que les mots signifient en anglais et parce que je trouve le terme de charisme tellement plus juste et approprié !

    1. C’est vrai qu’un top est toujours très personnel ^-^ j’ai essayé de reprendre les héroïnes qui m’ont accompagnées dans ma jeunesse! C’est pourquoi des filles comme maka n’y figurent pas, mais j’avoue c’est une sacrée héroïne!
      Ayla est vraiment une tueuse et j’aimais le fait qu’elle restait très femmes. Pour moi le terme badass est surtout une invention de marketteurs qui n’ont pas compris pourquoi, du jour au lendemain, les femmes exclue depuis des dizaines d’année du rôle de héros accaparaient le devant de la scène et suscitaient l’engouement des lecteurs. Ils ont cherché à marquer leur différence avec les héroïnes classiques alors que finalement, c’est peut être juste qu’on avait de plus en plus d’écrivains femmes qui écrivaient pour des filles…
      Alors oui je suis 100% d’accord avec le fait que « charisme » fait aussi bien l’affaire après tout! 😉 merci pour ta réponse et bonne chance avec tes héroïnes!

  2. Alors déjà, première chose : pourquoi des maths ? (ok, c’était la blague pas drôle qui lance le commentaire !)

    Je suis majoritairement d’accord avec ce que tu dis : non, une héroïne « badass » (moi non plus, je n’aime pas ce mot, mais c’est parce que je suis un peu puriste, je préfère qu’en français, on parle français ^^) n’a pas besoin d’avoir de gros seins, ni un gros flingue (même si mon héroïne à moi, elle ne quitte pas son lance flamme <3 Helen Riplay <3).

    "N’est-ce pas une survivance des pulps et des comics des années 60 ?" Depuis mon extrémité de la lorgnette, je dirais plutôt que c'est dû à une imprégnation trop profonde de notre société de consommation occidentale/cannibale qui, sous couvert de "libérer la femme", l'objectise d'une façon toujours plus vulgaire/matérielle – parce qu'une femme ça n'a pas le droit de vieillir, de ne pas porter de maquillage, de robe, de ne pas montrer son corps, et que ça ne doit pas avoir de poils ; tout le monde sait que les femmes sont en plastique !

    Ensuite, si je suis d'accord avec toi sur le fait que la triste majorité des pseudos héroïnes badass ne sont que des hommes à seins et bien souvent de simples faire valoirs, je ne suis pas tout à fait d'accord sur ta "catégorisation" des qualités (je suppose que c'est pour éviter de faire de cet article un roman, mais au cas où…) ; pourquoi une femme devrait-elle être davantage capable d'empathie qu'un homme ? Ou de douceur ? Ça aussi, c'est renvoyer à ce cliché patriarcal contre lequel le féminisme s'insurge. Un homme aussi devrait être capable de ces qualités, ils le sont d'ailleurs dans la vraie vie, bien qu'on les en blâme souvent (enfin, ça, c'est seulement s'ils ne choisissent pas bien leurs fréquentations x) ). Et de la même façon, pourquoi une femme ne pourrait-elle pas tuer sans en ressentir de peine ? (cf ton exemple) Ce n'est pas parce qu'on est une femme qu'on doit forcément avoir envie de pleurer ou de renoncer à se débarrasser d'une ordure sans regret si l'occasion se présente.

    Finalement, mais ce n'est "que" mon opinion, je ne pense pas que délimiter un personnage dans ses compétences/qualités seulement du fait de son sexe ne soit une bonne chose, que ce soit dans un sens – l'appât marketing dont il est question dans ce billet – ou dans l'autre – l'ultra féminisation/fragilisme/sensibilisme vers lequel tu sembles plutôt t'orienter. S'il n'y avait pas tant de formatage social, nous serions sans doute tous, hommes et femmes, bien plus semblables qu'on ne veut bien nous le laisser envisager – et même physiquement (je ne parle bien sûr pas de la carrure qui est liée à l'héritage génétique mais bien de ce que l'on fait de son enveloppe corporelle).

    Enfin, je réagis là-dessus parce que ça fait quelques temps que je vois ce genre de propos faire surface, je dois dire que je suis assez mal à l'aise avec le fait qu'on érige Sansa en modèle d'héroïsme féminin. Pour moi, ce personnage est plus proche du petit navire en papier qu'on laisserait emporter par la rivière. C'est, pour moi, une sorte de caricature grotesque, dépourvue de personnalité. M'enfin, les goût et les couleurs comme on dit…

    Désolée pour ce long commentaire un peu décousu, et merci en tout cas pour ton article, qui s'est, une fois de plus, avéré très intéressant :)

    1. Déjà, ne t’excuse pas de faire un long commentaire, car, quand on a passé 2 heures à rédiger son article,un long commentaire ça fait plaisir!!! Merci beaucoup!!

      Ensuite, +1 pour la représentation de la femme en plastique 😉

      Sinon, tu as raison pour Sansa, j’abuse un peu en la plaçant comme une héroïne.C’est une vraie femme, cohérente avec ce qu’étaient les femmes dans ces époques moyennageuses, mais ce n’est pas une héroïne. Un bateau en papier qui se laisse porter par le courant ne peut pas être un héros. La définition même du héros est qu’il fait des choix, qu’il décide, qu’il agit (et voilà que je me mets à parler au masculin!). Enfin, elle fait quelques choix (suivre Littlefinger, rejeter Brienne…) Mais toujours les mauvais. J’attends encore le moment où elle se réveillera. J’ai confiance en Martins pour ça. Il sait donner la part du lion à une femme dans son histoire (d’ailleurs les hommes charismatiques commencent à être en minorité par rapport aux femmes oO). Mais je trouve ça très bien jouer de tout de même nous mettre un archétype de princesse pour faire le pendant avec les autres.
      Malheureusement, pendant des siècles les femmes n’étaient même pas le héros de leur propre histoire et elles se faisaient ballotter au gré du vent que soufflaient les hommes. Il est peut-être là l’héritage odieux dont nos héroïnes ont du mal à se défaire…

      Je catégorise un peu, oui, c’est un peu un état de fait. Mais je suis tout à fait d’accord sur le fait que si la société n’était pas aliénante dans un sens comme dans l’autre (« sois belle et tais toi » versus « sèche tes larmes, un homme ne pleure pas ») il y aurait beaucoup moins de différences entre nous. Différences qui tendent à s’effacer dans certains milieus sociaux mais au prix de beaucoup de luttes! Je pense que les hommes ont autant besoin de lutter que les femmes pour faire tomber es différences dont tout le monde souffre quelque part…

      Je ne cherche pas à délimiter l’homme et la femme en fonction de son sexe, je pense juste que cela a un impact majeur sur l’éducation que l’on a reçu, sur la psyché et sur la façon dont on voit la vie et donc, de la façon dont notre personnage se comportera plus tard.
      Je pense fermement qu’on ne peut pas faire agir un personnage comme ça nous arrange, ou comme on aimerait que les femmes puissent se comporter dans un monde idéal. Il faut être réaliste et écrire de l’intérieur du personnage vers l’extérieur, c’est à dire, des émotions internes héritées du passées vers les actes. Pas le contraire. Une héroine née en 2068, dans un pays qui a achevé la parfaite égalité des sexes pourra se comporter en étant libérée de tous les tabous et les pressions qui pèsent sur les femmes. Et encore… Il faudrait que le rapport de force physique soit le même. Donc soit qu’on soit dans un monde de super pouvoir, un monde cybernétique ou en 3820 quand on aura imigré sur la lune et que la masse musculaire ne sera plus qu’un lointain souvenir pour les femmes comme pour les hommes. Je te renvoie vers cet article qui va te faire bondir d’horreur http://ghaanima.com/femme-ou-homme-un-personnage-est-juste-un-humain-pas-si-sur 😉 Je pense vraiment qu’on ne peut pas créer un personnage féminin et masculin sur un pied d’égalité. Cela ne veut pas dire tomber dans les clichés, cela signifie prendre en compte son passé, ce qu’il est et le monde dans lequel il évolue. C’est valable pour tout. Un homme noir en plein apartheid n’aura pas la même psyché qu’un homme noir qui a grandit dans un quartier hipster de New York. Idem pour une femme laide vs une fille ultra sexy. L’enveloppe corporelle ne conditionne rien bien sûr mais cela influe de manière subtile le résultat.

      Bref, créer un personnage c’est du taf!!

      Bonne continuation à toi et merci encore de ton long commentaire et de tes remarques très acérées et pertinentes ^-^

  3. Acérées ? O-O Buh, moi qui ne suis qu’amour et douceur…

    Tu aurais peut-être dû te lancer dans la politique ; voilà une réponse fort convaincante, sur laquelle il semble difficile de rebondir sans faire dans la pinaille de basse-cour ! (elle dit qu’elle est d’accord)

    Je me mets ton autre article de côté, dans ma boîte à trucs-à-lire ; qui sait, peut-être cela sera-t-il l’occasion d’un autre commentaire à rallonge ^^

    Tout à fait d’accord avec la montaaaaaagne de travail que représente la création d’un personnage cohérent !

    Bon courage à toi =)

  4. Tres gros débat qui meriterait d’etre abordé un peu plus souvent à mon avis :)

    Fille avec une grosse épée ?
    – Malgrés ce que nous dise les jeux de rôles, les femmes et les hommes ont (généralement) des stats de base différents. Différence qui peut bien évidemment etre comblé par l’entrainement et les évements de la vie. Donc, armes inégales ? Probablement. Armes différentes ? Surement.

    Et avec ça je vais enchainer directement avec le troisième point : est un homme avec des seins ?
    – Là, on arrive à la hantise qui me suit depuis que j’ai commencé à écrire mon roman. Faire en sorte d’avoir des personnages vraiment féminin et pas seulement des hommes avec une apparence de femme. C’est quoi être une femme ? C’est une question que je ne pourrais réellement jamais répondre, mais je trouve que simplement coller une paire de seins sur un personnage badass n’en fait pas un personnage badass. Au contraire, ça ne fait que rendre incohérent le personnage.

    Une héroïne badass doit-elle porter une tenue sexy ?
    – Sur ce point, je ne penses pas non plus qu’un personnage doivent etre sexy pour etre badass. Mais un personnage badass peut etre sexy. Encore une fois, tout est dans la cohérence. Une femme guerrière qui se balade sur le champs de bataille avec un bikini en maille est profondément ridicule, mais tu prends un personnage comme Fay Valentine dans Cowboy Bebop, qui est habillé et agit comme une femme fatale, cela ne choque pas du tout.

    Donc, je n’ai absolument rien contre les tenues sexy (bien au contraire), mais il faut rester cohérent.

    Badass ou pas, ce n’est qu’une héroïne
    – Pour ce point, je n’ai pas grand chose à rajouter, alors on va passer directement à mon top 7 des pesonnages féminins badass. Je vais essayer de ratisser assez large et dans les persos relativement peu connu

    – Jane Roland (Téméraire) : Dans une époque Napoléonienne ou les dragons cotoient les canons et les vaisseaux de guerre. Jane Roland, est une véteran d’abord colonel puis amirale de l’armée de l’air britannique. Même si elle n’est pas un personnage principal (quoique important) elle s’arrange quand même pour faire des trucs totallement badass de son coté (genre repousser une invasion française) Elle arrive également à s’imposer dans une société principalement mâle (cet échange quel à avec ces messieurs de l’état major est particulièrement remarquable). Elle est également mère et apprécie les soirées entre femmes de la haute société. Bref, un perso bien badass dans un univers pas vraiment facile pour les femmes.

    – Black Canary (DC comics) : Vue principalement avec Green Arrow, malgrés son apparence ridiculement peu pratique (talon haut et bas en résille, seriously ?) elle est considérée comme l’une des meilleurs combattante de l’univers de DC.

    – Rat Queens (Rat Queens) : Dans ce comics d’heroic fantasy, les Rat Queens sont une bande d’aventurière qui n’ont rien d’héroïque (baston, boisson, sexe et rock’n’roll) et restent redoutable quand la situation l’exige.On est bien loin des stéréotypes habituelle, et ça fait du bien d’avoir des héroïnes qui ont l’air réelle et crédible.

    – Ylfa (Vinland Saga) : Ce manga parle de viking, donc forcément c’est remplis de persos badass. Petite mention spécial à Ylfa, un perso secondaire, soeur du héro. Qui est resté dans le village natale pour aider sa mère. Et, elle est juste très forte (dans le sens mental principalement, et physique aussi) Elle m’a juste marqué, pendant ces quelques pages ou elle etait présente.

    – Homura Akemi (Puella magi madoka) : La plupart des magical girl de cet anime sont badass. Mais à partir du moment ou du balance des tête nucléaire (des vrais) sur les méchants monqtres, tu gagne automatiquement quelques points de badass.

    – Ruby Rose (RWBY) : Là aussi, toutes les filles de cette series sont badass, mais ce que j’ai beaucoup aimé chez ce personnage c’est qu’elle reste une fillette de 15 ans, même si elle peut découper des monstres à la pelle avec sa faux/fusil elle garde des appréhension, attitude et réaction approrpriés.

    – Saber (Fate stay franchise) : Quand tu es un esprit héroique, t’es forcément un peu badass, mais c’est aussi ses motivations et son attitude en général que j’apprécie beaucoup (malheureusement je ne pourrais pas en dire beaucoup plus pour ne rien spoiler)

    Il y en a beaucoup d’autre, mais je vais m’arreter là 😀

    1. Merci de ton commentaire! J’adôôre ton top 7!
      que de découvertes ! merci!
      je suis d’accord, c’est extrêmement difficile de se mettre dans la peau d’un autre personnage. C’est pour cela que je pense que cela prend du temps pour faire des recherches (genre à quoi ressemblait la vie d’une femme noire sous l’apparteid, sans recherche, sérieux… oO) puis nécessite de faire de l’écriture automatique, de se plonger en lui…
      si difficile!
      bon courage à toi, merci pour toutes tes remarques ^-^

N'hésite pas à donner ton avis ^-^