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Bilan de l’AT T&tra Vaudou: Résoudre un problème d’intrigue

tampon vecu« Quand tu dois la rendre ta nouvelle?  »
« Dans deux heures… Chut, j’ai tout à refaire! »
°_o

Pour commencer dans la bonne humeur, je vais vous apprendre un mot:  » leucosélophobie » aussi appelé syndrome de la page blanche. Enfin, c’est gratuit car je ne suis pas vraiment là pour vous parler de ça. C’est juste, je suis contente, j’ai appris un mot. ^^

Écrire est souvent facile pour un écrivain amateur qui écrit par plaisir et qui cherche à s’échapper d’un quotidien fade. Mais écrire sous la contrainte est une autre chanson, pour les écrivains professionnels mais pas seulement. Quand on a une DEAD LINE!

La petite aventure:

Début juillet, je participais à l’appel à texte de Ter Aelis pour leur nouveau magazine T&tra sur le vaudou. Comme d’habitude, une idée a germé, comme d’habitude je l’ai écrite sans me poser de questions mais contrairement à d’habitude, je l’ai fait relire à un bêta lecteur (merci Pascal ^^). Son avis était sans appel: « à partir de tel moment, l’histoire ne fonctionne plus aussi bien et puis la chute n’est pas assez conclusive« . (traduction: « à la moitié, j’ai décroché, j’ai raccroché pour te faire plaisir mais la fin est nulle aussi« ).

Je pars du principe que mes relecteurs ont toujours, mais toujours  raison, surtout lorsque on a affaire à un ressenti sur l’histoire. Le style, la structure, cela se débat, mais une remarque comme ça… C’est juste une claque. Donc, j’ai décidé de tout réécrire à partir de la moitié de l’histoire. Il me fallait aussi trouver une toute nouvelle fin, plus percutante. Sauf qu’une fin percutante dans une nouvelle, cela implique de démêler les fils de l’intrigue. Donc, nouvelle fin = nouveaux fils. Et tout cela entre le dimanche soir et le mercredi soir minuit.

Mais cette histoire-là, mon cerveau droit (i.e. ma muse) l’avait déjà écrite et elle s’est mise en grève sans aucune pitié (elle est caractérielle). J’ai passé mon lundi à chercher des idées autour de moi. Mon mardi à discuter avec mon cher et tendre (à lui casser la tête). RIEN. RIEN n’était satisfaisant. TOUT tournait en rond. J’en revenais toujours aux mêmes conclusions, à la même trame et la même fin, plus ou moins.

Arrivée le mardi soir, en grand stress, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de débloquer ma muse avec la seule façon que je connaissais (non, non, pas le LSD, quoique…), avec les pages du matin. C’est un exercice que préconise Julia Cameron, à faire tous les matins. Elle voit ça comme un exercice sur le long terme, un remède pour les artistes bloqués et incapables de créer depuis longtemps. Mais au fil des matins, j’avais remarqué que ce monologue écrit à la main me permettait souvent de débloquer des histoires, tout mes problèmes du quotidien s’invitant dans ces pages.

J’ai donc utilisé cette technique pour forcer ma muse. Après deux jours de brainstorming où j’ai retournais le problème dans tous les sens avec mon cher et tendre, j’ai pris mon cahier. Juste avant de m’endormir, j’ai noté tous les problèmes, tous les blocages: pourquoi mes idées ne marchaient pas, pourquoi cette histoire n’était pas bonne. J’ai dormi dessus. En phase de premier sommeil, je me rappelle avoir eu une idée et m’être dit: « voilà la solution« . Elle était géniale, mais au matin, je l’avais oubliée :(

Qu’à cela ne tienne! Au réveil, j’ai repris mon cahier et j’ai gratté. J’ai gratté des pages et des pages. J’ai tout d’abord remis les écueils que je rencontrais, puis j’ai inscrit ce que je voulais obtenir à la fin: « un choix pour le personnage principal, une révélation, etc.« . J’ai ensuite attaqué des idées qui avaient germées les unes après les autres pour finalement trouver la clef, dans trois petits mots: « le bokor est sage« . Voilà le problème! Le caractère de ce personnage secondaire, son statut! En fait, il n’était pas le seul qui n’allait pas.  Pammy, la fille de service, n’était qu’une victime, un plot device, incapable d’agir et qui partait jouer ailleurs à la moitié de l’histoire (ce qui a plongé mon bêta dans l’horreur). Et mon héros, ce gamin inconscient, n’avait aucune responsabilité, aucun enjeu dans ses décisions… J’ai donc twisté le caractère de mon bokor et introduit un nouveau personnage: un prêtre, son rival pour créer un conflit, même s’il n’était que suggérait et pas « montré ».

Bon, je vous raconte la suite juste pour rigoler. Le mercredi (dernier jour), du matin jusqu’à 17h, j’ai réécrit les trois quart de la nouvelle (de 30ksec ^^). Pour me rendre compte que j’avais encore 15000 mots de trop pour un rendu à 23h59. Donc a commencé un marathon coupes franches de plus en plus drastiques et irréfléchies. J’ai coupé les derniers 5000 mots dans la dernière heure, les derniers 1000 mots dans les dernières 10 minutes, envoi compris oO, qui a eut lieu à 23h57 exactement.  OK, je garantis pas la qualité du produit fini, qui n’a pas été relu (même par moi), qui n’a pas été retravaillé. Mais qui a été écrit, c’est le principal (pour une fois que je finis quelque chose!)

La méthode proposée en cas de blocage de l’intrigue

Tout d’abord, laissez moi vous faire réfléchir à un petit problème (issu de tests de QI ;). Essayez de relier les 9 points avec uniquement 4 traits et sans lever le crayon.

9pointsMoi, j’ai jamais réussi. Je suis du genre à ne pas réussir ce genre de test, du genre à ne pas savoir faire dialoguer mon cerveau droit et mon cerveau gauche (imagination et logique). On rencontre parfois le même type de problème dans l’écriture. Notre cerveau gauche (rationnel), nous impose des contraintes dans une histoire qui nous empêche de trouver des solutions à une intrigue ou d’innover. Il faut parfois l’obliger à la mettre en veilleuse. Donc, voilà la méthode que je souhaitais partager avec vous lorsque vous êtres bloqués sur un problème d’intrigue:

  1. Laisser le temps au temps, faites du brainstorming avec une bonne âme prête à vous écouter sans perdre son sang froid si vous perdez le votre. Il paraît qu’un ours en peluche ou un canard en plastique marche aussi bien, il faut juste expliquer son problème à haute voix pour débloquer le bug (oui, lecerveau bogue, j’en parle dans cet article).
  2. Puis il faut coucher son problème sur le papier: le soir, pour permettre à l’inconscient de processer pendant la nuit.
  3. Puis recommencer à écrire le matin au réveil, pour permettre à notre cerveau droit de s’exprimer avant que cet imbécile de cerveau gauche (que Julia Cameron appelle le « Grand  Censeur ») ait eu le temps de se réveiller et de dresser les bordures qui contraignent notre histoire. C’est lui qui nous fait tourner en rond enfermé dans les mêmes routes mentales et incapable de s’en évader pour trouver une nouvelle voie.

Parfois, la seule façon de réussir est de fuir les règles que l’on s’impose inconsciemment.probleme_neuf_points

Il fallait juste sortir du carré! La créativité est l’affaire de règles que l’on brise. Vous êtes du genre à rester dans les limites du carré pour tracer vos traits? Moi, si…

D’autres idées pour débloquer sa créativité dans cet article.

Et vous? Pensez-vous que le cerveau gauche est l’ennemi de la créativité?  (je le déteste celui-là! 😀


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4 réflexions sur “ Bilan de l’AT T&tra Vaudou: Résoudre un problème d’intrigue ”

  1. Haha. :)
    N’exagérons rien, ce n’était pas « nul », la fin. Ce n’était juste pas une « vraie » fin! Et le personnage de Pammy, avec ses caractéristiques si particulières, méritait un rôle bien plus important ! :)

    En tout cas, je te souhaite bonne chance pour l’AT ! 😉

    1. je dramatise 😉 mais avec le recul, c’est ce que j’ai ressenti en relisant mon travail! La deuxième moitié du texte ne marchait pas du tout! :/ Pour l’AT, comme je le dis, on verra, j’ai pas eu le temps de relire mon travail, c’est pas terrible ça! ça se trouve j’ai effacé des phrases ou des mots clefs 😀
      merci en tout cas, tant pour la relecture pour pour les encouragements! ^-^

    2. Merci pour l’attention ^^ ce qui compte c’est le ressenti, contente que tu y apportes autant de valeur! en tout cas, tes remarques m’ont ouvert les yeux ^^

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