trois perso

« Love Mission » par Ema Tōyama + Méthode pour écrire de la romance

Une chronique de shojo manga pour le plaisir de lire et aussi car j’en profite pour faire une analyse du scénario. En effet, je suis en train d’apprendre à écrire de la romance et les shojos, il n’y a rien de mieux!

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  • Titre japonais: Watashi ni XX shinas
  • Manga : 19 tomes
  • Editeur : Pika
  • Collection : Shojo

 

 

 

Résumé de l’éditeur :

 Yukina Himuro exerce ses talents d’auteure de romans à succès pour téléphone portable sous le pseudonyme de Yupina. À part son cousin Akira, personne autour d’elle, ne connaît son activité. Elle passe le plus clair de la journée à observer ses camarades de classe afin d’en tirer l’inspiration pour son histoire. Elle réalise un jour que ses lectrices sont avides d’émois sentimentaux qui sont inexistants dans son roman. Mais Yukina n’a aucune expérience dans ce domaine et sait qu’elle sera bien en peine pour décrire des sentiments qu’elle ne connaît pas. Sa rencontre avec Shigure, le garçon le plus populaire de l’école, sera-t-elle la source d’inspiration?

Ma note :

4 star
4 étoiles

 

Les personnages :

yukinaYukina : Collégienne qui n’a qu’une passion : écrire des romans sur téléphone mobile (Wattpad quoi !). Elle voit le monde avec détachement derrière ses lunettes, ne ressent rien se contente d’observer. Lorsque l’occasion se présente de réunir du matériel pour ses romans, elle n’hésite pas ! Qu’importe les dommages collatéraux. Et l’occasion sera de découvrir le secret de Shigure, qu’elle fera chanter pour qu’il joue à des « missions » avec elle. J’aime cette héroïne qui ne tergiverse pas !

shigureShigure : Garçon qui cache son jeu, sourit tout le temps, paraît gentil, adoré des filles de l’école, il est en fait un faux-cul fini qui méprise celles qui lui font la cour. Le chantage de Yukina le mettra en rage mais au final, ce n’est pas un mauvais bougre.

akiraAkira : Cousin de Yukina, ils sont toujours ensemble. Garçon très timide, discret. Dans les premiers chapitres on remarque à peine sa présence mais il sait ce qu’il veut : Yukina. Depuis tout petit il est amoureux d’elle. Lui je l’adore, mais bon, dans les shojos, j’adore toujours les seconds rôles… C’est mon côté saint-bernard.

Mami : Amie d’enfance de Shigure, folle amoureuse de lui, même s’il ne voit en elle qu’une amie. Elle est petite, mignonne, fragile, mais il ne vaut mieux pas se dresser sur sa route ! Mouahah ! C’est la garce de l’histoire mais elle a ses côtés attachants.

Hisame : Petit frère de Shigure. Un sale petit con, jaloux, manipulateur, qui se moque des sentiments des autres. Il est limite flippant parfois dans ses fixations.

Mon ressenti :

Un shojo intéressant pour deux raisons. Déjà, je découvre ce nouvel archétype de personnage : l’héroïne froide qui apprend l’amour. Par la suite j’ai enchaîné d’autres mangas avec cet archétype (Last Game par exemple). Je trouve que cela fonctionne plutôt bien, on attend souvent le moment où l’héroïne va enfin comprendre et ou la scène va avancer !

L’autre part que j’ai trouvé originale quoique perturbante au début, c’est le piment. Malgré le fait que les personnages soient assez jeunes, l’auteure ne se gêne pas pour rajouter des touches à la limite du hentai (ok je suis prude ;). Cela fait partie du personnage ! Yukina veut tout expérimenter. Du coup, on a un mélange d’innocence et de petite perversion, c’est détonnant. Petit exemple ci-dessous:

Yukina+Akira+Shigure

Ensuite, j’ai bien aimé les triangles amoureux, bien construits. Akira est un personnage émouvant, tout simple, sincère. Un perso comme ça, moi, direct, je suis dans sa team. Et quand il s’énerve, il est class!!!

Quant à la relation Mami-Shigure, elle est complexe et le héros est pris dans une spirale difficile à casser. Du coup, certaines émotions passent bien. Même si le schéma de la copine d’enfance qui fait culpabiliser le héros commence à me lasser!

Enfin, cette crapule d’Hisame rattrape tout! Il arrive tard dans l’histoire mais permet de bien relancer et d’apporter une dimension nouvelle. Il m’a bien plu ce perso ^-^

Ce n’est pas le shojo qui vous fera perdre votre souffle pour savoir quel sera le choix final de l’héroïne mais on s’accroche beaucoup à l’histoire et les scènes de piment aident bien. De plus, les situations cocasses sont plutôt bien construites. Mais surtout, l’intrigue secondaire de l’écriture du roman et du challenge d’être le premier auteur, est très intéressante, je vous expliquerais plus bas pourquoi.

J’ai enchaîné toute la série en une semaine, pas de temps mort, pas de répétitions. Une histoire très bien faite. Et même si ce n’est pas le shojo le plus transcendant et vibrationnel de l’histoire, il est vraiment original et se lit d’une traite.

Ce que j’en apprends en tant qu’écrivain de romance : Analyse du scénario

 Là, c’est un paragraphe pour les écrivains (lectrices qui ont peur d’être spoliées, passez votre chemin !). Pourquoi cette rubrique ? Car j’ai un roman raté au niveau sentiment et j’ai besoin de trouver des astuces pour l’améliorer. Or, je lis beaucoup de méthodes hollywoodiennes sur l’écriture de scénarios mais je n’en ai jamais trouvées dédiées à la romance. Et de toute façon, la romance que j’aime avant tout est japonaise. J’ai donc décidé de disséquer tout ça.

Dans Love mission, comme je le disais plus haut, j’aime l’idée de l’héroïne froide. Yukina m’a parfois touchée. Cette façon qu’elle a de ne pas penser aux autres et de comprendre trop tard lorsqu’elle a blessé quelqu’un. Sa lenteur à réaliser ce qu’elle ressent est aussi un moteur intéressant d’émotions. L’auteure peut ainsi prendre le temps de détailler les sentiments, de faire traîner les scènes et ainsi de faire monter la tension. On devient impatient, avide qu’elle comprenne et que la scène avance. La froideur/ignorance d’un personnage est aussi un outil intéressant pour la romance. Néanmoins, Yukina m’a franchement énervée parfois. En effet, si le personnage semble avoir grandi et savoir maintenant appeler un chat un chat, il ne faut surtout pas le faire revenir en arrière. C’est ce que l’auteure a fait à un moment et ça m’a cordialement agacée. Un outil à manier avec précaution donc !

Sinon, Yukina apporte des excuses à mettre du piment. Et soyons honnêtes, une émotion est une émotion. Qu’importe avec quelle partie du cœur on joue, tant que la lectrice ne reste pas indifférente. J’en retire aussi des idées pour complexifier les triangles amoureux. Le petit frère Hisame est génial ! J’aime la façon, bien gamine, dont il cache ses sentiments en étant mesquin. Soyons honnête, nous l’avons tous fait. Lorsqu’on se sent rejeté ou incompris, même sans raison, on devient mauvais, on a envie de blesser. Tout le monde en souffre, le « méchant », « l’héroïne », même la lectrice, tant mieux ! Quand on lit de la romance, c’est aussi pour sentir son cœur se serrer.

Comme je le disais avant, j’aime aussi beaucoup le personnage d’Akira. Le coup de l’ami d’enfance rejeté, c’est du souvent vu dans les shojos mais il m’a particulièrement touchée. Pourquoi ? Parce que c’est un pauvre petit canard. Il a perdu ses parents tout petit et Yukina est devenu son univers. S’il la perd, il perd tout. C’est du souvent vu dans l’écriture de scénario : « quel est l’enjeu ? ». Si votre personnage n’a rien à perdre alors le lecteur ne va pas s’accrocher aussi fort à lui, à ses combats.

Hormis ces idées sur la façon de complexifier les triangles amoureux, ce que je retiens, le véritable intérêt de l’histoire, ce qui fait que j’ai très fortement envie d’en parler, c’est la mise en abyme de l’écrivain de romance.

Yukina est une écrivaine qui écrit sous le pseudo Yupina. Elle a pris le parti d’écrire à propos de ce qu’elle connait. Donc pour parler d’amour, elle doit découvrir l’amour, pour parler d’un baiser, elle doit tester, etc. Je pensais que c’était juste une excuse pour créer des situations invraisemblables mais pas uniquement.

Face à Yupina, il y a Dolce. Son éternel ennemi, qui écrit des romances qui font bien plus vibrer le cœur de ses lectrices. Jusqu’à la fin, Yupina se bat pour que son roman reste le premier, jusqu’à une confrontation finale où chacun exposera les mérites de sa façon d’écrire. Car Dolce n’écrit pas sur ce qu’il vit ou ce qu’il voit, Dolce écrit sur ce qu’il fantasme, sur ses rêves. Chacun a sa façon de voir l’écriture mais au final, les deux sont vraies.

On peut écrire sur ce que l’on aimerait être vrai ou sur ce qu’on expérimente. Tout ce qui compte c’est les émotions que l’on peut transmettre. Je pense que pour réussir ce challenge, il faut faire des deux, bien connaître la réalité, apprendre à décrire les ressentis mais également savoir laisser libre court à son imagination et ne pas avoir peur de sortir des schémas trop réalistes, voire, d’écrire de purs fantasmes. Après tout, les lecteurs (et lectrices 😉 ont surtout besoin de rêver !

Voilà! Un petit fond d’écran pour vous remercier d’être arriver au bout!

Bonne lecture à vous! et pour les écrivains, bonne chance dans vos projets!

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