gros plan sur un jeu d'échec

Comment maximiser ses chances dans un concours de nouvelles

Hello!

Ceux qui me suivent sur Facebook en ont largement entendu parler 😉 j’ai participé pour la deuxième année consécutive au concours aufeminin avec la nouvelle: « Rendez-vous dans l’ombre« . Et j’ai fait partie des  27 short listées sur 800 participantes. Pour voir le retour d’expérience c’est ici: «Créativité sur commande».

Mais dans cet arcticle, je suis là pour parler de stratégie. En effet, rares sont ceux qui se rappellent le fiasco de l’année précédente avec ma nouvelle « Ne te retourne pas« (si vous comprenez le sens caché, je vous offre tous mes bouquins ;). Je n’avais rien compris à la micronouvelle! Je vous parlerais aussi de mon récent échec avec l’appel à texte de Realites.inc. Au delà des défauts littéraires de ces textes, le vrai problème est que je m’étais lancée dans le concours sans obéir aux stratégies les plus élémentaires qui sont…

gros plan sur un jeu d'échec
stevepb / Pixabay

Stratégie n° 1: Etudier les textes gagnants

Cette année j’ai été plus stratégique et très vite, j’ai pris conscience que ce qu’attendait le jury du concours aufeminin, ce n’était pas un style ampoulé, original ou fleuri, ce qu’attend le jury, c’est une chute. Percutante qui en trois mot vous fait revenir sur tout ce que vous avez lu en le voyant sous un nouveau jour. Alors pour cette seconde édition, j’ai cherché la chute, juste la chute.

A contrario, le concours de la Nouvelle George Sand auquel j’ai participé en juin semblait s’intéresser plus à la contrainte du thème et au style (nouvelle George Sand rien que ça!). Donc j’ai tout misé sur le jeu de mots autour du thème et j’ai adopté la plume old school qui avait déjà gagné un concours. Mais cette fois, cela n’a pas marché!

Stratégie n°2: Prendre le temps de trouver une vraie chute

Un texte court s’écrit en une soirée, le stress n’est pas là. Le plus long est de trouver la chute. En effet, j’aime beaucoup la définition de la nouvelle donnée par le magazine Techniques de l’ingénieur pour son concours:

« Une nouvelle est un récit court, centré sur un seul événement, mettant en scène des personnages peu nombreux. La fin – la chute – se doit d’être surprenante, inattendue, en quelques lignes, voire quelques mots.« 

Voilà pour l’importance de la chute, mais en pratique, c’est quoi une chute? Je pense qu’une chute peut être au choix:

1. Surprenante: on doit tomber de haut. Evitez de décrire une fille pâle et lascive qui a peur de la lumière pendant 3000 mots pour à la fin nous dire: « et Jacques comprit que Linda était… une vampire! » Lisez donc l’article très intéressant de Solaris à qui j’ai volé cet exemple.

Article de Solaris

2. Créer un retour en arrière. D’un coup on comprend tout ce qui s’est passé avant, on obtient enfin la clef qui explique le comportement du personnage ou l’absurdité apparente de l’univers, etc. Attention, comme il est dit dans l’article de Solaris, il vaut mieux éviter de finir une nouvelle par une pirouette: « et tout ceci n’était qu’un rêve! » ou « … de la réalité virtuelle! » Car alors, tout ce qui sera arrivé au héros n’aura aucun sens. Une histoire est une métaphore de la vie et le lecteur a besoin de sentir que la vie a un sens (après, vous avez le droit de penser et dire le contraire ;).

3. Ouverte sur l’extérieur. La chute nous interroge sur un aspect plus large, qui dépasse le cadre de l’histoire. On s’interroge sur le monde, sur notre vie, sur nos choix sur la nature humaine, sur les vérités historiques, etc.

4. Inéluctable. Comme dans les tragédies grecques, tout devait nous mener là. Au delà de la surprise, on a ici la sensation d’engrenages invisibles qui nous ont pris au piège. D’où l’importance de connaître son univers.

Ou mieux, les quatre à la fois! Ou au moins, plusieurs éléments.

Je vous renvoie vers l’article de l’école des lettres, qui, en plus, prend comme exemple le concours « Nouvelles avancées », celui où j’ai gagné une magnifique croisière (au passage, participez en janvier 2017, cela en vaut la peine!). Bon, pourtant ma chute n’était pas terrible. La surprise de type 1. arrivait un paragraphe trop tôt et j’ai tout basée sur une chute de type 3: l’ouverture sur l’extérieur, ici sur un événement historique. Mais c’est la plume qui a plu.

Stratégie n°3: Construire l’intrigue sur la taille

Ma seconde erreur récurrente dans les concours de nouvelles est d’oublier que l’intrigue d’une nouvelle est souvent conditionnée par  sa taille! En effet, avec 10000 signes, on peut se permettre de présenter des personnages, de « montrer » des tranches de vie, d’entrer dans la sensibilité (émotions, action, ressenti). C’est pourquoi avec les nouvelles longues, vous pouvez vous permettre de raconter une histoire, de nous attacher à des personnages et que la chute n’est plus si cruciale (même si elle reste importante).

Avec 3000 signes (grosso modo une page word), comme c’est le cas dans le concours aufeminin, on ne peut pas « montrer » une histoire complète. Donc la chute devient critique. Si vous être un accroc au « montré » (action et ressenti), vous pourrez à peine montrer une scène (un événement comme le dit la définition ci-dessus). L’autre solution est d’entrer dans un mode de narration dit « raconté ». On donne peu de détails, on survole l’action un peu comme dans un résumé ou un conte de fée, on n’entre pas dans le corps et l’âme du personnage. Cela convient à certains type d’histoire mais pas à d’autre.Perso, je déteste ce mode de narration.

Je trouve qu’un bon compromis est d’utiliser la « réminiscence ». Lorsque quelqu’un se rappelle un événement passé, il s’en souvient dans les grandes lignes, pas besoin ici de rentrer dans le détail du ressenti. Néanmoins, il reste nécessaire ici et là de placer quelques détails sensoriels pour faciliter l’immersion du lecteur.  Puisqu’on parle du passé et de cette astuce que j’ai allègrement utilisée pour le concours aufeminin.  Mais j’ai commis une grave erreur! Au final, ma nouvelle Rendez vous dans l’ombre  a fait partie des 24 short listées sur 800 (grâce à la chute percutante et au thème de snapchat, plus original) mais elle n’est pas arrivée en finale top 3. À ce stade je pouvais demander le retour du jury. On m’a indiqué que le texte avait plu, que certains l’avait évoqué pour monter sur le podium mais certains ont argué :

  • Qu’elle manquait de détails. Voilà la grave erreur! La moitié du texte est une réminiscence et j’ai commencé la narration au passé, donc la moitié du texte est… Au plus que parfait ! Bref un mot sur quatre est un « avait » ou un « étais ». J’aurai pu gagner 500 signes et alléger le style en partant au présent (et surement éviter une ou deux erreurs de concordance des temps). Cela paraît trivial mais 3000 signes c’est si court, le moindre adverbe, le moindre tic de style peut vous coûter une transition qui serait clef pour la compréhension ou la fluidité.
  • Que le thème était un peu cliché. Euh… ouais, je suis partie d’un cliché lol. Bon le brainstorming n’a pas duré assez longtemps 😉 Cf. l’article «Créativité sur commande»

Tout ça pour dire, avec 3000 signes, tout est subordonné à la chute. Les 500 mots qui précèdent n’ont pour seule utilité que d’introduire la chute qui tombe comme un couperet en une phrase. Ici, chaque mot compte, soyez avare.

Et quand bien même on vous laisse 150000 signes (oui, un zéro de plus oO), soyez avare. J’ai eu le malheur de me laisser aller pour l’appel à texte de Realities.inc, rassurée du fait qu’on avait droit aux novellas et qu’aucune contrainte de signes n’était posée. Finalement, mon texte de 100000 signes ne comportait pas tant d’action, mais j’avais pris mon temps pour introduire le monde, pour poser mon héros, un jeune garçon démon qui découvre la société des hommes. On était ici très loin de la nouvelle à chute. Je me suis permise de raconter une croissance spirituelle, un changement d’état d’âme. J’ai pris mon temps pour poser la situation de départ, trop de temps. J’ai eu un gentil retour de Tesha l’éditrice:  » Plus précisément, l’univers a été un coup de cœur pour certains membres du comité, mais d’autres ne sont pas rentrés dedans. À titre personnel, je pense que ça tient au début où l’univers apparaît par petites touches, surtout dans les pensées du protagoniste, mais on navigue tout de même en eaux troubles pendant un bon moment.« 

Bref, j’ai fait mon patachon, je suis tombée amoureuse de certains persos et scènes inutiles et résultat, j’ai largué le jury en route! Moralité: Ecrire implique de se tenir la bride bien court!

Stratégie n°4: Analysez le style de la revue

Malgré cet avis très objectif (et bien réel) de Tesha, je pense que j’ai commis une deuxième erreur avec cet AT.  Je n’ai pas ciblé du tout la maison d’édition. Il était demandé de la fantasy ou de la SF mais en aucun cas du fantastique ou de l’horreur. Or, mon texte s’inspire des légendes indiennes du Ramayana, vous savez les démons mangeurs d’homme dégueulasses? On est parfois à la limite du gore dans cette nouvelle. Je ne pense pas que c’était ce que recherchait le jury, et il est probable, que même si j’avais résolu ce problème d’écriture, celui-ci ne serait pas passé.

Autre exemple qui portera ses fruits ou non en novembre prochain, le concours Femmes Actuelles extra jeu. Alors, là, j’ai ciblé. Avec tous les préjugés du monde, certes, je l’admets, j’ai décrété que pour des femmes cinquantenaires qui font des mots croisés, il vaut mieux éviter les démons, les cyborgs et les super pouvoirs qui plaisent tant à mon âme de garçon de 16 ans. Je souhaitais partir sur une douce histoire d’amour entre une femme carriériste et son âme sœur qu’elle a cherché partout. OK, c’est cliché. On verra bientôt si les préjugés me donnent raison 😉

Voilà pour le retour d’expérience de ces dernières nouvelles! Bonne chance à vous dans vos projets ^-^

Et si vous voulez des conseils pour vous plonger dans la rédaction, c’est dans cet article: « Une nouvelle en 2 semaines: La technique du « Jeté de chat dans l’eau »« 

Et si vous cherchez des nouvelles à écrire, Tesha m’a donné une liste des prochains AT de cette toute jeune maison d’édition, ça promet!  http://realities-inc.com/evenements/


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9 réflexions sur “ Comment maximiser ses chances dans un concours de nouvelles ”

  1. Dans un sens je suis d’accord avec toi même si je trouve ça vraiment triste d’écrire « en fonction de » et surtout « pour gagner ».
    Se plier aux contraintes est une chose (et c’est souvent fun!) mais de là à s’adapter au public… Ca fait très tactique de maisons d’éditions. Nul doute que cela marche, mais n’y perd t’on pas son âme dans le procédé?

    Certes on me dira que si on participe à un concours c’est pour gagner justement, mais ça ne m’enlèvera pas l’idée que c’est terriblement dommage. Concours ou pas je préfère allez jusqu’au bout de mon idée quitte à passé à coté du « jury » (toujours en respectant les contraintes hein). J’aurais l’impression de ne pas être en accord avec moi même. Et puis même si je perds, du moment que ça plait à quelques proches (les francs, ceux qui n’ont pas peur de dire que c’est de la merde si ça en est) c’est déjà bien.
    Si c’est pour écrire un truc qui ne me correspond pas d’une manière ou d’une autre et bien autant ne pas le faire.
    C’est peut être hardcore ce que je dis là, je le conçois, mais c’est simplement mon point de vue.

    Enfin, tu parles carrément de fiasco (comme si une place dans un concours signifie forcément quelque chose), mais ce n’est pas parce que tu à « perdus » un concours que ton texte était forcément mauvais, tu le dis toi même dans un sens.

    1. Hello!

      Merci pour ton ressenti. Je partage ce que tu ressens dans un autre domaine: le roman. Je suis encore incapable de cibler une ME ou un public dans ce que j’écris. Mes « vraies » histoires sont avant tout des prolongations de moi-même et je ne ponds que des hybrides invendables. Pas de souci, j’assume ce que je suis: un otaku fan de SF et de romance. Mais je ne garantis pas qu’un jour, je me créerais pas un autre pseudo pour écrire des livres qui me ressemblent moins mais qui ont plus de chances de se trouver un public. Mon intention affichée est de vivre de ma plume.

      Par ailleurs, l’exercice d’adapter sa plume et son histoire aux contraintes d’un concours, c’est avant tout un exercice. Car, soyons franc, même si je gagnais tous ces concours, au final, je ne gagnerais pas grand chose à part les bravos des copains ^-^ Rares sont les concours où les lots sont vraiment intéressants. C’est avant tout pour soi et le plaisir de se sentir avancer.
      Et puis… l’Art avec un grand A ne vient que quand on maîtrise son alphabet. Rimbaud n’a pas révolutionné la poésie sans commencer par faire ce que ses profs de latin attendaient de lui. Or, de nos jours, nous n’apprenons pas à écrire, nous nous lançons sans guide ni garde-fou au nom de l’Art. Alors j’ai ressenti le besoin de changer de plume comme on change de peau, car je n’ai pas encore trouvé « mon » style et, de toutes façons, je considère que n’avoir qu’un style est une erreur; la plume doit s’adapter à l’histoire et non le contraire. Je compte apprendre à écrire de manière ampoulée, mitraillette, fleurie, poétique, sèche, jeunesse, contée… et peut-être qu’un jour, je pourrais écrire bien, tout court.
      Mais surtout, l’exercice consiste à me contraindre à respecter des échéances courtes, voire totalement aberrantes pour me soigner de la tendance au perfectionnisme qui m’a pourri la vie (j’ai passé 10 ans sans rien finir suite à un premier refus de maison d’édition). Et il se trouve que la créativité dans des échéances très courte nécessite un maximum de contraintes. Je prends l’exemple du concours aufeminin. Il y avait 4 thèmes proposés. Je n’avais plus qu’une semaine ou deux pour trouver une idée qui ne venait pas. La première chose que j’ai faite a été de supprimer 3 thèmes sur 4. La seconde a été de cibler le genre. La troisième de… Bref, l’assertion selon laquelle la contrainte nourrie la créativité est pour moi un fait avéré sur lequel se basent les techniques de l’Oulipo.
      Enfin… j’avoue que de la façon dont je le présente, cela sonne un peu méprisant (surtout dans mon dernier exemple…). C’est ma façon cash et ironique de m’exprimer mais le concept est le même: restreindre le champ des possibles pour peu à peu façonner une forme au milieu du brouillard. J’ai prix le concours Femme actuelle avec beaucoup de sérieux dans le travail, mais soyons honnête, sortir une histoire de garçon qui blaste le monde avec des pouvoirs psy aurait été une perte de temps (surtout à deux semaines de la dead line ;). Les concours qui ne m’inspirent pas du tout, je ne les fais pas.

      Toujours est-il que je respecte ton choix de ne pas te dénaturer. Car, à l’inverse, si l’on ne fait que copier ou suivre le vent, cela devient très difficile de créer vraiment et le monde littéraire se transforme en une série de clones fades et transparents. j’appelle ça de la soupe. Et crois moi, je refuse d’en faire même si mes propos peuvent parfois donner l’impression du contraire!

      Bonne chance à toi dans tes projets! ^-^

      PS: Pour revenir sur l’histoire du fiasco, en fait, le fiasco n’est pas le fait que j’ai perdu (j’ai vécu pire ;), mais le fait que personne n’ait compris ce que je voulais transmettre… Franchement, lis le, si tu comprends la chute, et surtout l’intention cachée des personnages, tu auras mon admiration éternelle, lol!

  2. Excellente cette histoire de Stalker !

    L’incompréhension peut venir du fait que c’est la femme qui pratique le harcèlement. Pourtant je trouve que c’est fort bien vu d’avoir inversé les rôles. J’ai moi-même mis un certain temps à bien comprendre la chute. A l’incompréhension primaire, a succédé un instant ou j’ai douté que la nouvelle était achevée (je me suis mis à penser à un incident technique) puis je me suis mis à réfléchir au fait que je vous ai vu bien plus inspirée. Puis d’un seul coup, la lumière s’est fait dans mon esprit !
    Je pense que la dernière phrase aurait gagnée à l’utilisation du mot « harcèlement » du type : « J’en peut plus de ce harcèlement, maintenant j’appelle la police » D’un seul coup on met le lecteur sur la piste de ce qu’il doit rechercher lors de sa seconde lecture.Et l’idée même d’organiser cette seconde lecture est très, très bien vue. Bravo !

    Note, j’ai « Liké » et partagé, peut-être un peu trop tard j’en ai bien peur
    ?

    1. Hello! Merci pour le partage et surtout merci pour ce retour éclairé!
      En effet, plusieurs personnes m’ont relevé de n’avoir pas compris…
      C’est toujours le problème, on est dans sa tête et ce qui nous semple évident ne l’est pas pour les autres… ah! la nouvelle courte c’est difficile!

  3. Sacré réponse!

    Encore une fois, je comprend parfaitement ton point de vue et nous n’avons pas les même objectifs c’est ce qui fait aussi la différence.
    Je ne compte pas vivre de ma plume. Pas assez bon, pas assez productif, trop d’autres passe temps et déjà une place pas trop mal dans un boulot qui me permet de vivre décemment (dirons-nous…).
    C’est très courageux de vouloir le faire (qui n’en a jamais rêvé) et je ne peut que t’encourager pour ça mais voila…. Comme tu le dis, dés que tu sors un peu des sentiers battus ça ne devient plus « vendable ». Si tu veux en vivre il faut faire  » de la soupe » (j’aime bien cette expression même si j’aime la soupe, la vrai hein!). On en reviens à écrire des trucs qui ne nous ressemble pas pour payer les factures… C’est dommage. Certains réussissent à sortir du lot ,bien sur, et à faire ce qu’ils veulent tout en vendant mais cela tiens souvent plus de l’alignement des astres ou de la bonne étoile qu’autre chose. Combien sur la totalité des écrivains? C’est malheureusement le cas dans tout les domaines artistiques (la musique par exemple, ouch, là aussi c’est extrêmement compliqué)
    Je suis très pessimiste et je m’en excuse, j’ai appris à être pragmatique avec le temps, cependant, j’espère sincèrement que toi et d’autres arriveront à me faire mentir et changer d’avis. 😉

    Donc pour en revenir aux concours en eux même, oui, c’est sur que c’est plus simple de « s’adapter » sur des nouvelles que des romans.
    Et on peut très bien changer d’univers sans se perdre soi même ni forcément brosser le lectorat dans le sens du poil.
    Pour exemple, dernièrement j’écrivais plutôt du fantastique/horreur et j’ai voulus participé au concours de l’Attelage. J’ai été le premier surpris de voir que la première chose qui m’est venu à l’esprit pour ce thème était une nouvelle très poétique, à des lieux de ce que j’écris d’habitude. Je te rejoint donc sur le fait que ce genre de concours peut vraiment aider à « se sortir les doigts du cul » (si je peux me permettre. 😉 ) et que de tenter d’autres choses est un excellent exercice mais qu’il n’y a pas besoin de forcément viser le lectorat (ce qui n’empèche pas de s’améliorer aux vus de ses erreurs, cela va de soi), mais là encore, je te renvois au premier paragraphe, n’ayant pas les même objectifs je comprend tout de même ton point de vue. Après tout, ciblé est aussi un art, qu’on se le dise.

    Je rebondis également sur ton challenge des dix nouvelles (je l’avais déjà fait sur facebook mais je vais synthétiser ici).
    L’idée de te booster est bonne et si cela marche pour toi c’est vraiment super! Je sais que pour moi ce serait voué à l’échec. Pas assez de temps pour peaufiner mentalement les détails par exemple. Je sais que c’est exactement ce que tu veux éviter, ce fameux « pefectionnisme » mais pour moi il est important. Cela ne m’émpeche pas de mettre un point final à mes récits mais cela retarde, clairement. Encore une fois, je ne suis pas là pour être productif mais pour me faire plaisir ET progresser. Toutefois je comprend que tu fasses ça pour te délivrer de ta « maladie » du perfectionnement qui fait que sinon… Bah tu ne finis rien. Maladie bien connus des services!

    Enfin, j’aime beaucoup la description que tu fais de l’Art, très belle. Et je te rejoint tout à fait, je rajouterais même un brin de poésie. Pour moi, écrire c’est aussi vivre des choses, les ressentir et pouvoir ensuite les transposés et les partagés sur du papier avec la puissance des mots. Nul doute que sans pratique l’écrit n’évolue pas. Mais sans vécu, cela restera fade.

    Bonne continuation à toi! (désolé, gros pavé!)

    1. Merci pour ce pavé! ^-^ je ferais assez court car on a pas mal débattu, mais je voulais juste rebondir sur ta fin et la nécessité qu’il faut aussi faire des expériences pour les écrire. Le mieux est de prendre des notes direct ce que je n’ai jamais fait… Je compte bien le faire (bon faut juste le financement, tu crois que je peux trouver un sponsor ? 😉
      Bonne chance à toi dans tes nombreux projets!

  4. Hello !

    Je crois que tu as raison, il ne faut pas nécessairement rester dans un style. Je pense que l’on aborde l’écriture par le style que l’on préfère, un style que je dirai inné (en tout cas pour moi ce fut le cas). Je suis plus à l’aise dans ce style, c’est évident. Mais pour autant, le roman que j’ai choisi d’écrire est dans un style radicalement différent… Dans lequel je me plais aussi. Aussi, je n’ai pas l’impression d’être hypocrite avec moi-même et de me dénaturer.

    Je pense que ce travail d’écriture que tu as fait à travers tous ces concours de nouvelles (bravo à toi !!) peut effectivement t’aider à peaufiner ton style à l’avenir. C’est en m’écartant du mien que j’y reviens avec le plus de plaisir et davantage d’aisance. Je n’ai pas la prétention d’avoir une expérience d’écriture immense, mais je comprends ton envie de changer de style, de type d’écriture et de public. Être éclectique me tente plus que d’être « spécialiste ». Même si pour le coup, quand tu es connu et célèbre, changer de style peut être terrible, je pense notamment à JK Rowling dont son livre après la saga Harry Potter n’a pas connu un super accueil (je ne parle pas de chiffres, car elle en a vendu beaucoup, mais de l’avenir de ce livre) Ce n’est donc pas un exercice facile et l’avantage de le faire maintenant c’est que je pense sincèrement que c’est bénéfique pour l’avenir de ton écriture !

    Merci pour tous tes conseils, j’ai participé à un concours sans avoir été retenue, tant pis, j’étais quand même contente d’avoir réussi à finir à nouveau une nouvelle. Je crois que la chute est un de mes points faibles. Si j’ai l’histoire mais pas la chute, je le sens mais parfois le déclic ne vient jamais… J’y travaillerai à l’avenir avec tes conseils !

    Bon courage pour la suite,
    Maêlle

    1. Merci pour ton retour ^-^
      C’est intéressant que tu parles de déclic pour la chute. J’aime beaucoup cette expression et c’est exactement ce que je ressens au final. Parfois je l’ai d’emblée, parfois non… parfois, je me lance tout de même dans la fiche univers les fiches personnages et même dans le texte à l’aveugle (le vrai processus de créativité non contrôlé est à cette étape) et alors une chute plus ou moins intéressante se crée d’elle même. Et parfois… non. Rien à faire…
      Dans ce cas je pense que le mieux à faire est de se raccrocher aux règles de la narration et de faire évoluer son personnage entre le début et la fin (genre c’était un peureux au début de l’histoire et il est devenu courageux). Le problème est que pour changer un personnage a besoin de se confronter à des épreuves. Résultat, il faut un certain nombre de signe et c’est pas possible dans l’ultra court. Pour ce format là je ne me lance donc pas sans la chute…

      Pour l’affaire de la plume et du lectorat, étant comme toi je suis encore très libre et je conçois mes roms comme des collections avec des tranches d’âge différentes, donc plume différentes. Par contre le genre est un problème. Je réfléchis à écrire quelques romances sous un autre pseudo… à voir 😉
      Bonne chance à toi dans tes projets!! ^-^

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