Poème: Apparition de l’Infini

aurore
© Danfador- Pixabay

Ce matin, j’ai rencontré dieu
A l’aube de ma renaissance, j’ai finalement pris conscience de l’intégrité de ce rien qui est tout
Cette pauvre intelligence ballottée, malmenée
Sur une mer solidifiée d’où tout continent a été rayé
Je n’ai rien où me raccrocher
Oh, et si la raison s’endort au son de sa voix, il ne me reste alors plus que l’imagination

Ce matin, j’ai rencontré dieu
Pas ce vieillard à la barbe blanche
L’infini ne peut-être enfermé, personnifié, jugé sous une maigre apparence
Je ne l’ai pas vu, je l’ai senti
Une odeur de lavande, entêtante
Je ne l’ai pas vu, je l’ai ouï
Le rugissement de l’océan a empli mon esprit
Je ne l’ai pas vu, il m’a aveuglé
La lumière bleutée du ciel étoilé s’est unifiée, source de toute clarté

Ce matin, j’ai rencontré dieu
Qui m’a parlé
Il m’a parlé d’éternité
De ce qui commence et qui, sans jamais s’arrêter, se finit
Il m’a conté un rêve d’antan
Le phénix cerné par les flammes dorées de la connaissance
L’ancien s’est éteint, l’être rené, transformé, s’est à nouveau embrasé
Cycle sans fin issu de rien

Ce matin j’ai rencontré dieu
Il ne m’a même pas serré la main
Cela aurait été en vain
Qui suis-je pour embrasser tous ces univers
Ceux-là même dont je suis malgré tout si fière


Commentaire:

Encore un poème illuminé, qui date du lycée.… Lire la suite

Poème : Oubli des flammes

sol de sous bois de feuilles d'automne et debrindilles sur lequel rampe une salamandre tachetée de feu
©Antranias Pixabay

Qui donc se réveille le matin
Et ne se souvient de rien
Qui prend peu à peu conscience
De la folie d’être, de sa présence

As-tu déjà senti l’air pur éveiller toute beauté
As-tu déjà observé la chute lente et mystique, ce tourbillon  chaotique,
L’assaut du vent dans des feuilles d’argent

T’es tu déjà baissée au-delà de ton égo
Caresser l’herbe et la terre, les sentir crisser
Sous les doigts engourdis, soudain réveillés
Une flamme appauvrie, enfin ranimée

Feu de l’enfance revenu en tes yeux
Comme eux de te redresser et regarder au plus loin
Aussi loin d’aussi près

Magie de la vie à toutes les échelles
Hasard pertinent ou folie d’antan
Qui, parti de rien arriva nulle part
Sinon ici-bas

Ouverts à tous les bruits de la douce crécelle
Illumination ou nouveaux horizons
Tu entends, tu revis, tu fuis les remparts de ta triste éducation
Qui te voulait robotisé et toujours plus con

Refuser science infuse
S’éveiller à la vie
Et l’esprit aux merveilles
Entre rêve et création de nouvelles beautés, pour l’humanité

Commentaire:

Un poème que j’ai écris lorsque j’avais 18 ans je crois.… Lire la suite

Poème Métro

© markusspiske - Pixabay
© markusspiske – Pixabay

Gouffre béant et monstre indolent
De ces mâchoires d’acier, personne n’est à l’abri
Et le flot des consciences sans un cri, s’endort, s’y engloutit

Jeunes âmes innocentes et perles étincelantes, qui furent forgées par l’antique crustacé
Aux pattes d’amère témérité, elles tombent en cet abîme
La lumière s’éteint, tandis que goutte l’acide
Salé

Et la puanteur, dans ces entrailles pourries, digère encore et encore
Reste de cœur en mitraille noircie, les goules prennent leur essor
Tombant leurs ailes, masquée d’écailles
Elles avancent par delà leurs oeillères
Elles avancent la tête droite et fière
Assoiffées de conquêtes, conquérantes entêtées, elles conquièrent la planète

Sous leur pas de béton, l’herbe meurt à foison,
Sous leur pas de zombie, la vie pleure, se flétrit

Commentaire:

Un poème sur le métro comme un monstre avaleur de conscience, les dessous de la ville, le ressenti d’un esprit cerclé de béton.… Lire la suite