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« Blue spring ride » par Io Sakisaka + Méthode pour écrire de la romance

Une chronique de shojo manga dans le cadre du challenge « Une lettre pour un auteur » et j’en profite pour faire une analyse du scénario car je suis en train d’apprendre à écrire de la romance et les shojos, il n’y a rien de mieux!

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Découvrir le tome 1

 

  • Titre japonais: Ao Haru Ride
  • Manga : 13 tomes
  • Editeur : Kana
  • Collection : Shojo

Ma note :

5 star

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Mon résumé :

(parce que le résumé de l’éditeur, il craint !)

Futaba est un garçon manqué, non pas qu’elle soit née ainsi, c’est juste qu’elle en avait assez que les collégiennes la laisse de côté à cause de son tempérament de mignonne petite fille. Et puis… Futaba n’aime pas les garçons ! Sauf un certain Tanaka, gentil et calme, qu’elle a connu au collège, avec qui elle avait failli sortir avant qu’il ne lui pose un lapin et que personne ne le revoit plus jamais.

Futaba est aujourd’hui au lycée, faisant semblant d’être ce qu’elle n’est pas, jusqu’au jour où elle croise un garçon qui lui rappelle vaguement quelqu’un… Mais si c’est bien Tanaka, alors, il a complètement changé de personnalité !

Les personnages :

Attention, je présente toute la série, donc certains éléments ne sont pas dans le premier tome.

Futaba Yoshioka : L’héroïne, jeune fille qui était toute douce et très féminine au collège et qui en a souffert car les filles étaient jalouses. Au lycée, elle a pris le parti d’être le gros garçon manqué de service. Pour ne pas souffrir et se retrouver seule, elle a adopté un statut quo : j’accepte les relations de surface et je ne m’implique pas, et surtout, surtout, pas d’histoires de garçons. De toute façon, quelque part, elle n’a jamais oublié son premier amour : un garçon calme et gentil avec qui elle avait rendez-vous et qui n’est jamais venu. (présente dès le 1er tome)

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Fanart par Archerose

Kou Tanaka : Le garçon en question. Suite à un gros problème familial, il a dû déménager du jour au lendemain en posant un lapin à Futaba. Plus jeune, il était doux et gentil mais lorsqu’il croisera à nouveau la route de Futaba, celle-ci ne le reconnaîtra pas. Il est devenu cynique. Trop d’années ont passé et un gouffre s’est ouvert entre eux. Ils s’aimaient mais ne pourront jamais revenir en arrière et redevenir ce qu’ils étaient. (présent dès le 1er tome)

Toma Kikuchi : Un garçon qui rencontre Futaba un matin et qui tombe très vite sous le charme. Il est tout gentil et très compréhensif. Peut-être un peu trop pour son propre bien… (arrive très tard dans la série, mais c’est quand même mon chouchou, on n’y peut rien!)

imageYuuri Makita : La choupinette de l’école. Elle est choupinette, choupinette et choupinette ! Mais, mine de rien elle a un sacré caractère 😉 Elle n’a jamais abandonné son côté girly, qu’importe ce qu’en pensent les autres. (présente dès le 1er tome)

Yui Narumi : L’amie d’enfance de Kou. Une fille triste, en souffrance, qui n’a aucune pitié à jouer sur ses malheurs pour obtenir ce qu’elle veut. C’est la garce de l’histoire, certes, mais on la comprend un peu… (arrive assez tard)

Shuko Murao : Un second rôle qui a sa petite intrigue. Cette louve solitaire est folle amoureuse d’un professeur alors que son meilleur ami se désespère à ses côtés. (arrive assez tôt)

Yoichi Tanaka : Le professeur et grand frère du héros. Un second rôle sympa et drôle ! (présent dès le 1er tome)

Mon ressenti :

J’aime beaucoup la relation conflictuelle entre Futaba et Kou au début de l’histoire. Ce garçon nous agace, nous étonne, nous déstabilise, cela fonctionne bien ! De plus, on ressent bien la douleur de l’héroine. Et c’est original : retrouver son amour d’enfance juste pour se faire traiter comme une étrangère. C’est horrible !!! Et juste quand il commence à être gentil, paf ! Un retournement de situation à cause de la garce de service ! Ah… Pauvre petit cœur ! En plus, il a tellement souffert ce garçon, on le comprend…

Ensuite, j’adore la relation Futaba-Yuuri ! Comment ne pas adorer une fille comme ça ? Mais que faire quand la petite puce qu’on adore vous annonce avec ses grands yeux larmoyants qu’elle est tombée amoureuse du garçon que vous n’avez jamais cessé d’aimer ? Voilà ! Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est la part de l’amitié. C’est mignon tout plein !

Enfin, Toma… Il est trop mignon. Trop gentil, trop, trop. Cette façon de prendre sur lui pour consoler Futaba. Cette façon de tout accepter d’elle, même qu’elle en aime un autre, juste pour se raccrocher à ce maigre espoir qu’elle finisse par l’aimer à force de gentillesse… Oh ! Je fonds ! *-*

Pourtant… ça, cette partie-là précisément du manga, ça n’a pas accroché. oO Pourquoi ?

Déjà, je reste un peu déçue car Toma n’arrive pas avant le chapitre 50 ! (enfin c’est l’impression que j’en ai eu et je suis une grande fan des triangles amoureux). Mais surtout, j’avais déjà vu ce personnage et cette situation ailleurs… Dans No longer héroïne, Hiromitsu se comporte exactement de la même façon que Toma ! Et même le personnage de la pauvre fille malheureuse, Yui, que le héros doit protéger en abandonnant l’héroïne à contrecœur, c’est tout pareil ! La preuve en image:

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lequel préférez-vous? C’est le même perso!

M’enfin ! oO

Alors… Je réfléchis… (désolée pour l’apparté) Y’en a une qu’a copié sur l’autre, forcément ! Petit tour sur Internet… C’est elle ! La grande auteure adulée de Blue Spring Ride et de Stobe Edge a copié sur la mangaka de No longer heroine ! En effet, No longer heroine a commencé en 2010 et le personnage de Hiromitsu est arrivé très tôt dans la série, tandis que Blue a commencé en 2011 et que Toma, lui, arrive très tard. Donc ELLE A COPIE ! CQFD ! Et si ce n’est pas elle la copieuse, alors… Y’a de l’espionnage industriel high level dans les mangas ! Bon OK, c’est traité différemment. Mais gare à la troisième qui copie colle le schéma ! C’est comme le Nen de HunterXHunter et le Chakra de Naruto, quoi ! Respect des deux côtés, par contre, lorsque Fairy Tales arrive, là, ça sent la soupe et on a plus faim.

Bref, lisez Ao spring ride ou Heroine no shikkaku mais pas les deux à la suite, sinon vous aurez un goût amer alors que ce sont deux très bons mangas (mais je préfère Hiromitsu à Toma <3 <3).

Ce que j’en apprends: écrire de la romance

Là, c’est un paragraphe pour les écrivains qui s’intéressent à la structure et qui veulent trouver les ficelles pour écrire de la romance. Les lectrices de manga qui ont peur d’être spoilées, passez votre chemin ! Pourquoi cette rubrique ? Car j’ai un roman raté au niveau sentiment (Demon Heart) et j’ai besoin de trouver des astuces pour l’améliorer. Or, je lis beaucoup de méthodes hollywoodiennes sur l’écriture de scénarios mais je n’en ai jamais trouvées dédiées à la romance. Et de toute façon, la romance que j’aime avant tout est japonaise. J’ai donc décidé de disséquer tout ça.

En premier lieu, l’histoire entre Futaba l’héroïne et la petite Yuuri fonctionne très bien. C’est la beauté du shojo et la force des auteures japonaises d’avoir compris que la douleur d’être trahie par une amie ou de perdre une amie est aussi douloureuse, voire pire qu’un amour déçu. Tous les moyens sont bons pour créer des nœuds dans le cœur de l’héroïne ! (et donc de la lectrice 😉  De plus, cela sert la romance car l’auteure pose un conflit de loyauté et l’amour devient un dilemme. Or, une des premières choses qu’on apprend en écriture de scénario est que les grands choix, les dilemmes et conflits moraux augmentent le lien empathique entre le lecteur et le héros.

Dans le même esprit, l’histoire d’amour principale fonctionne très bien aussi. Bon, je spoile, mais la raison pour laquelle Kou est si cynique, c’est un enchainement de drames familiaux dans son enfance. Il en a pris plein la gueule, vraiment. Le schéma du garçon marqué par la douleur et qui a refermé son cœur est un classique des shojos et cela peut vite devenir agaçant mais ici, cela ne sonne pas comme un outil de narration. Cela sonne vrai. L’auteure a mis assez de réalisme dans son comportement et surtout elle y va graduellement dans sa façon d’amener l’information. Du coup, cela fonctionne niveau sentiments. Au début, ce garçon est juste agaçant, on ne comprend pas ce qu’il est vraiment et puis tout s’éclaire et il devient un petit chouchou quand son sens moral lui fait perdre ce qu’il avait gagné. Encore un petit nœud bien serré.

Bref, le shojo manga c’est une affaire de nœuds dans le cœur. Mais pour créer ces nœuds il faut d’abord qu’on s’accroche aux personnages. Et c’est la force de cette auteure. Elle peut reprendre des clichés shojos, reprendre des personnages et des situations mais comme elle en fera de vraies personnes, on empathise bien plus.

Pour revenir sur cette méthode qui se dégage et qu’on nommera, la méthode des nœuds dans le cœur (j’aime bien les métaphores), je crois qu’il est important de :

  1. Former de belles boucles, i.e. des personnages crédibles avec des désirs et des besoins inconscients forts ;
  2. Puis de créer le nœud, i.e. mettre en scène une situation inextricable (bah tiens, si c’est pas la racine latine de nœud ça !) où l’un des personnages sera frustré dans son désir: mauvais timing, occasion manquée, obstacle infranchissable…
  3. Et enfin de serrer bien fort le nœud un bon coup pour écraser le cœur du personnage (et de la lectrice), i.e. de révéler la perte du personnage de façon brutale et soudaine, ou au contraire, avec des effets d’annonce et une emphase finale.

Enfin, je reviens sur l’élément qui m’a fait bisquer, le triangle amoureux entre Toma-Futaba-Kou. Bon, soyons honnête, vu comment j’ai accroché malgré la honteuse copie, j’en déduis que le schéma du second rôle prêt à tout pour se faire aimer marche vraiment. (Attention spoil !). Ce qui m’a retourné le cœur, c’est l’archétype du petit ami pansement, ce garçon qui console, qui accepte d’être un petit ami sans être aimé, juste parce qu’il espère désespérément que l’héroïne le regardera enfin mais aussi tout simplement parce qu’il veut son bonheur à elle, quitte à se rendre malheureux. Miou ! Si jamais une de mes lectrices passe par là, attendez-vous à trouver ce schéma dans un de mes futurs bouquins ! Mouahah !

Bref, les japonais ont de belles choses à nous apprendre 😉

Bonnes lectures à vous! Et petit bonus, un fond d’écran:

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