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Elizabeth George: Chronique et analyse de plume

Je reparticipe après un long temps de pause au challenge de Cookies la Guerrière « une lettre pour un auteur » J’attendais désespérément que cela tombe sur « G » car je ne lis plus que du Elizabeth George depuis des mois!  Alors je vous présente aujourd’hui son premier opus.

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La chronique du roman, un aperçu de la série et l’analyse de la plume de ce grand auteur 😉

Titre: « Une douce vengeance »
Auteur: Elizabeth George
Poche: 576 pages
Editeur : Pocket
Collection : Policier

Résumé de l’éditeur :

Une nouvelle affaire du train postal n’agiterait pas d’avantage ScotlandYard. Thomas Lynley, huitième comte d’Asherton, le plus élégant des inspecteurs de la maison, annonce son mariage avec la photographe en vogue Deborah Cotter. Un week-end de fiançailles se prépare en Cornouailles, dans la propriété familiale de l’aristocratique policier. Mais la présence d’un futur beau-père hostile, d’un ami et rival dangereux et d’un frère drogué empoisonne la fête. Et la garden-party tourne au cauchemar lorsqu’on découvre, consciencieusement mutilé et châtré, le cadavre d’un journaliste local. Pour Lynley, la comédie mondaine risque de s’achever en noire tragédie. Surtout si les fantômes du passé s’en mêlent.

Les personnages :

Thomas Lynley, l’archétype du lord racé avec sa haute taille et sa crinière de cheveux blonds. Il est l’héritier d’une ancienne famille mais, dans sa jeunesse, il a envoyé paître ses obligations de noble anglais pour devenir policier. Aujourd’hui inspecteur à New Scotland Yard, il file le parfait amour avec la jeune Déborah mais il a encore de nombreux comptes à régler avec sa famille et notamment sa mère avec qui il s’est brouillé dans sa jeunesse. A cela, il faut ajouter une terrible culpabilité qui dévore Lynley, un soir de jeunesse insouciante, alors qu’il conduisait un bolide sous l’emprise de l’alcool, il a provoqué un accident qui a laissé son meilleur ami infirme à vie.

Simon Saint James est resté blessé dans son âme par son accident. Il n’en a jamais voulu à Lynley mais lui-même a changé sa façon de voir la vie. Cynique, en retrait de tous les plaisirs de l’existence, il n’arrive pas à s’attacher. Le jour de son accident, il a rejeté sa fiancé de l’époque (Lady Helen), puis 10 ans plus tard, alors que les choses devenaient sérieuses avec Déborah, son amie d’enfance, il l’a rejetée elle-aussi alors qu’il l’aimait désespérément.

Déborah Cotter, fille du majordome de la famille Saint James, orpheline de mère et très proche de son père, c’est une jeune femme pleine de vie qui n’existe que pour son art: la photographie. Elle est douée d’une sensibilité exceptionnelle. Sans être belle, elle a un charme vivifiant avec ses cheveux roux, ses tâches de rousseur et ses grands yeux.

D’autres personnages éclairent ce livre et notamment Lady Helen Clyde, frivole mais incroyable d’intelligence finement dissimulée.

Mon ressenti :

Ce n’est pas le premier livre d’Elizabeth George (j’ai quasiment tout lu 😉 mais j’ai décidé de vous présenter celui-ci car dans la chronologie de l’histoire, c’est le plus ancien. Lire les autres avant, c’est déjà connaître la fin de celui-ci. Et l’important ici, ce n’est pas tant de savoir qui est le meurtrier de cet horrible crime, mais avec qui la pétillante et rafraichissante Déborah se mariera-t-elle ? Le beau et dévoué Lynley qui porte son héritage familial comme un fardeau ou le taciturne Simon Saint James, écorché vif qui refuse de se confronter au monde depuis cet accident qui l’a rendu infirme. Les secrets de famille, les rivalités froides, la colère et la drogue empoisonnent l’atmosphère et la tension amoureuse est très forte pour un roman policier.

Mais d’un autre côté, je ne suis pas sûre que la lectrice qui lira ce roman en tout premier sera autant attaché aux personnages que j’ai pu l’être. Car, certes, je connaissais déjà la fin, mais je connaissais aussi intimement les personnages avant de commencer le livre…

Objectivement, ce livre n’est pas le meilleur qu’Elizabeth ait écrit, mais cela reste un très bon bouquin policier ancré dans le relationnel et l’émotion. En fait, j’ai une préférence pour les romans qui mettent son 2ème enquêteur, Barbara Havers, en valeur, car Barbara, c’est juste une badass au sens propre du terme et je suis très dure quand on parle de badass! (cf. cet article 😉 Barbara n’a qu’une brève apparition dans cet opus car l’histoire se passe avant que l’inspecteur Lynley décide de travailler en duo avec elle (cf. « Enquête dans le brouillard »). Barabara est sergent à New Scotland Yard. Cette femme au physique et au caractère revêche ne supporte pas l’autorité. Résolument « cockney », alourdie par un passé difficile et des parents dépendants, cette fille issue du peuple est allergique à  Lynley l’aristo. Ce duo détonant donne le piment de la plupart des romans d’Elizabeth George. Il ne manque qu’elle dans celui-ci mais les autres personnages sont ici à l’honneur et notamment Simon, qui est un peu le héros de cet opus.

Bref, si vous aimez les personnages fouillés et les émotions ainsi que les intrigues policières, je vous conseillerais de lire toute la série 😉

Ma note :

4 star

D’autres de ses romans se rangent direct dans le 5/5 et le coup de cœur mais pour les savourer, je vous conseille de tout lire par ordre chronologique afin de ne pas vous faire spoiler.

 Analyse de plume :

 J’ai découvert cette auteure à travers sa méthode d’écriture : « Mes secrets d’écrivain ». Arrivée au tiers du bouquin, j’ai refermé la méthode et décidé de lire tous ses romans car vraisemblablement, celle-la avait quelque chose à m’apprendre ! Et quelle bonne idée ! Près d’un an que je me régale avec les aventures de Lynley et de Barbara. Même si certains opus sont plus puissants que d’autres, sa plume est toujours un havre dans lequel j’aime me réfugier.

Pourquoi ?

Déjà pour la crédibilité de ses personnages. Elizabeth George ne commence jamais un livre, ni même l’écriture de son plan sans avoir fait la psychanalyse complète de ses personnages. Elle s’intéresse à leur passé, leur futur, leurs désirs et leurs besoins inconscient. Elle mélange le rationnel avec des recherches poussées et l’irrationnel car, lorsque les recherches sont terminées, elle se lance dans l’étude des motivations et des pensées des personnages en « écriture automatique ». Cette immersion donne parfois des personnages inoubliables et des intrigues incroyables ! Notamment, le meurtrier du « Meurtre sur la falaise » est indétectable mais la logique est implacable. J’aimerais être capable d’un tel tour de force en tant qu’écrivain.

Ensuite, ses univers. Elizabeth fait des recherches bibliographiques (elle a même une assistante, le rêve! oO) mais aussi, elle va sur place, s’imprègne des lieux et des métiers. Elle mène des interviews et ses pages de remerciement sont d’une longueur ! (D’ailleurs, ne les lisez pas avant d’avoir fini le roman car parfois, savoir qui elle a interviewé peut vous spoiler l’intrigue policière, notamment pour celui que je vous ai présenté!) Avec pour résultat, une immersion kinesthésique dans les lieux, les métiers et les atmosphères. Elle passe d’un roman traitant de la culture pakistanaise à un autre ancré dans l’univers des sadomaschistes en faisant un détour par les groupuscules terroristes défendant les droits des animaux, et tout cela avec aisance (travail). Que de découvertes !

Et bien sûr, sa plume. Déjà, Elizabeth a fait le choix d’une plume certes déliée et élaborée mais tout en limitant les tournures réduisant la lisibilité. Ensuite, elle a fait le choix d’écrire à la troisième personne changeante. C’est-à-dire qu’elle écrit à la troisième personne mais toujours en regardant le monde par les yeux d’un personnage, qui peut varier au fil de l’histoire (et qui peut même être le meurtrier sans que vous le reconnaîtriez !) Sa capacité à plonger dans le cœur de ses personnages lui permet d’adopter de subtiles variations dans le ton de la narration, qui nous permettent d’être pleinement dans l’histoire. J’ai toujours essayé de faire cela et n’ait jamais réussi ! Je l’admire…

Enfin, ses intrigues. Elle prend énormément de temps à élaborer ses intrigues, les enrichissant au fur et à mesure que sa connaissance des personnages, des lieux et des univers avance. Elle arrive à ne pas figer son plan d’origine et peut ainsi partir de l’idée de départ et la peaufiner jusqu’à obtenir une intrigue comme un diamant. Ceux et celles qui se sont essayés à l’écriture doivent savoir à quel point il est difficile parfois de sortir des ornières que l’on a tracées avec un plan écrit trop tôt… J’ai pas mal réfléchi à ce problème dans l’article : « pourquoi je n’attaquerais pas ma prochaine histoire avec un plan ». Mais réfléchir est une chose, savoir éviter les pièges en est une autre… George est un génie. Voilà, c’est dit! ^-^

Présentation de l’auteur

elizabeth georgeNée aux États-Unis dans l’Ohio, Elizabeth George est diplômée de littérature anglaise et de psychopédagogie. Elle a enseigné l’anglais pendant treize ans avant de publier Enquête dans le brouillard, qui a obtenu le grand prix de Littérature policière en 1990 et l’a imposée d’emblée comme un grand nom du roman  » à l’anglaise « . Dans ce premier livre apparaît le duo explosif composé du très aristocratique Thomas Lynley, éminent membre de Scotland Yard, et de son acolyte Barbara Havers, qui évoluera au fil d’une quinzaine d’ouvrages ultérieurs, parmi lesquels Sans l’ombre d’un témoin (2005), Anatomie d’un crime (2007), Le Rouge du péché (2008), Le Cortège de la mort (2010) ou La Ronde des mensonges (2012), tous parus aux Presses de la Cité. En 2009, elle a publié un recueil de nouvelles, Mortels péchés. En 2013 paraît Saratoga Woods, premier livre de la trilogie The Edge of nowhere mettant en scène la jeune Becca King, suivi de L’Île de Nera (2013) et des Flammes de Whidbey (2015). Dans Juste une mauvaise action (Presses de la Cité, 2014), elle renoue avec les enquêtes de Thomas Lynley et Barbara Havers.

Retrouvez toute l’actualité de l’auteur sur : www.elizabethgeorgeonline.com

L’ordre chronologique des romans et mon avis rapide :

  • Une douce vengeance (4/5)
  • Enquête dans le brouillard (5/5 coup de cœur, une claque et une présentation de Barbara inoubliable)
  • Le lieu du crime (5/5, l’obsession de Lynley est passionnante !)
  • Cérémonies barbares (4/5, intéressant, traite des travers des écoles privées)
  • Pour solde de tous comptes (4/5)
  • Mal d’enfant (3 ou 4/5, je n’aime pas trop quand on quitte le duo Barbara/Lynley)
  • Un goût de cendres (4/5)
  • Le visage de l’ennemi (5/5 coup de cœur)
  • Le meurtre de la falaise (5/5 coup de cœur)
  • Une patience d’ange (4/5)
  • Mémoire infidèle (5/5, étrange, prenant)
  • Un nid de mensonges (pas lu)
  • Sans l’ombre d’un témoin (5/5 coup de cœur, alors que je me détachais de Lynley, je me suis pris une belle claque!)
  • Anatomie d’un crime (pas lu mais je sens que je vais l’adorer, un drame social ^-^)
  • Le rouge du péché (3/5, là, Elizabeth a raté un personnage clef, certains de ses comportements ne sont pas crédibles, une honte sous sa plume)
  • Le cortège de la mort (pas lu)
  • La ronde des mensonges (pas lu)
  • Juste une mauvaise action (pas lu)
  • A Banquet of Consequences (pas lu)

Source : le site d’Aed

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