Conférence : Edgar Morin, cinéphage pourquoi ? Chiara Simonigh

tampon vecu«Euh… Il parle beaucoup ce perso, non ?
Mais c’est important ce qu’il dit ! »
><

Conférence : Edgar Morin, cinéphage pourquoi ? Chiara Simonigh

J’ai participé en fin d’année dernière à une conférence du forum des images par Chiara Simonigh. La conférence portait sur le travail et la pensée d’Edgar Morin. Sur le coup, j’ai été marquée par certaines idées qui pourraient s’appliquer au roman. J’ai essayé de les retranscrire dans l’article ci-dessous.


Edgar Morin, cinéphage pourquoi ? – Chiara… par forumdesimages

 En trois mot : Interroger, pas exposer

 L’essence :

La réflexion est une pensée fossile, la compréhension, née de la projection dans un personnage imaginaire est « la pensée en action ».

 La structure :

C’est une conférence très théorique basée sur les analyses d’Edgar Morin sur le cinéma. Certes, on s’éloigne du sujet, mais j’ai redécouvert des concepts importants qui sont, je le crois, aussi applicables au roman. Désolé pour la longueur de l’article. Vous pouvez sauter la transcription de la conférence, j’ai mis les indicatifs de temps pour les idées que je trouvais intéressantes. ^^

Pour les personnes orientées résultat ou qui écoutent la conférence en entier, sautez cette partie et rendez-vous à la rubrique : « Ce que j’en retiens ». Sinon, cliquez pour ouvrir:



 

  Ce que j’en retiens :

 Au-delà du message humaniste d’Edgar Morin, j’ai été marquée par ce concept de « Pensée en action » par opposé à la pensée en conserve. C’est elle qui permet de susciter la vraie compréhension. C’est elle qui nous permet de trouver cette vérité cachée en nous qui résonne avec celle de l’œuvre que nous regardons/lisons.

 La compréhension découle :

 – De l’empathie et la projection dans un personnage imaginaire :

 On met le spectateur (lecteur) en situation. Le fait de se projeter dans un personnage, de voir le monde par ses yeux permet de changer de paradigme et de réfléchir autrement, de ressentir la pensée plutôt que de la survoler.

  1. Technique 1 : Le gros plan au cinéma. J’imagine que l’équivalent du gros plan dans le roman, c’est décrire les expressions du visage, les tics et les émotions dans la voix. Je me demande si mettre les pensées intimes du personnage y contribue où si au contraire on est dans l’exposition et la pensée figée ? Peut-être dire ce que le personnage ressent uniquement, ne pas exposer son raisonnement.
  2. Technique 2 : Dite de Charlot. ^-^ Utilisation du héros et de l’empathie que le lecteur a avec lui pour comprendre d’autres personnages marginaux, difficiles à empathiser à cause de leur différence.
  3. Technique 3 : Dite de Wall-E. ^-^ Comme dirait Pixar, on aime un Wall-E pour ses tentatives et ses échecs plus que pour ses réussites. De même, Charlot partage les efforts d’autrui pour atteindre une vie meilleure, on le voit se battre avec la société. « Nous ne l’aimons pas parce qu’il nous fait rire, il nous fait rire parce que nous l’aimons.»

 – De l’interrogation :

L’interrogation, c’est la pensée en action.

  1. Technique 1 : Les gros plans d’objets au cinéma. Le choix de certains objets permet de créer des analogies et de renvoyer à des mythes. Dans le roman, j’imagine que le choix des objets et des couleurs crée le même effet. De plus, j’imagine que les métaphores filées fonctionnent très bien. (Je repense à un exemple de MacKee, sur le film « Les Diaboliques » avec la vision de l’eau qui revient avant chaque scène angoissante)
  2. Technique 2 : Interroger avec des personnages qui ne réagissent pas selon les conventions. Par exemple avec des personnages marginaux qui reconnaissent ce que nous ignorons, comme Charlot qui tire son chapeau à l’aveugle. C’est le personnage de l’innocent, du fou, du vagabond, de l’enfant qui seul peut voir les fées.
  3. Technique 3 : Avoir deux personnages aux conceptions différentes ou/et un personnage soumis à un débat intérieur. Les regarder s’affronter dans les mots mais surtout dans leurs actes. En faisant l’expérience de plusieurs « vie », le lecteur s’interroge sur lui-même et sur son système de pensée. Cela permet aussi de prendre du recul (cf. le problème du parrain et de l’adéquation totale de certains jeunes aux valeurs du personnage)

  J’ai toujours un avis sur tout :

La conférence est vraiment dure à suivre et longue! C’est un travail d’universitaire pour des universitaires. Pourtant, les grandes idées ci-dessus peuvent sembler évidentes mais elles sont plus profondes dans la conférence et j’imagine qu’elles le sont encore plus dans les écrits originaux d’Edgar Morin. Un recueil de ses textes inédits est prévu en 2015, aux éditions Nouveau monde, par Chiara Simonigh et Monique Peyrière. Je l’ai pas encore trouvé sur Amazon.

 13 :40 « Complexité vient du latin qui signifie tisser ensemble ou tenir ensemble. »

Je trouve que cette définition s’applique vraiment bien à l’art d’écrire des histoires. On est là à vouloir insérer dans l’histoire du suspense, des choix, de l’émotion, du sens, tout en rendant l’intrigue naturelle et fluide… Le véritable art de l’histoire est peut-être de réussir à faire tenir tout ensemble ce joyeux bordel !

Si certains veulent débattre, les commentaires sont là pour ça ^^


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Auteur : Ghaan Ima

J’écris depuis 10 ans, j’ai des idées plein la tête d’univers de SFF inspirés de mangas : geeks, otakus, anarchistes sur les bords et un peu barrés.

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